Le combattant congolais Marc Diakiese, âgé de 31 ans, passé par l’Ultimate Fighting Championship (UFC), a récemment accordé une interview à la presse, dont le média Cumulard a pris part grâce au journaliste sportif Emerode Kamba, ce vendredi 29 novembre 2024. Diakiese s’est exprimé sur ses ambitions de développer le MMA en République Démocratique du Congo (RDC), son pays natal, après 18 ans passés à l’étranger, estimant que le pays a plusieurs talents mais manque des matériels pour mettre les athlètes dans des bonnes conditions de travail.
Quel est réellement votre objectif en revenant au pays ?
Mark Diakiese ( Propos traduit de Lingala en français) : Mon objectif est de former des combattants, de leur offrir le matériel et les équipements nécessaires pour évoluer dans de bonnes conditions. Je souhaite promouvoir ces athlètes, et certains auront même l’opportunité de rejoindre l’Europe pour poursuivre leur carrière professionnelle. Avant de revenir, j’ai observé les conditions de travail des combattants congolais dans le MMA. Ils manquent de matériel, d’infrastructures et de visibilité. Cependant, le talent est là. C’est pourquoi j’ai apporté du matériel et envisagé d’organiser une mini-compétition pour mettre en avant nos athlètes. Mais ce n’est qu’un début, et il faut aller plus loin.

Où comptez-vous commencer et comment allez-vous satisfaire ces besoins ?
J’ai déjà pris des mesures pour lancer un projet, avec l’appui de l’État, je vais réussir. Depuis mon retour il y a une semaine, j’ai commencé à organiser des séminaires de formation. J’ai des contacts à l’étranger avec des managers, des personnes qui peuvent m’aider à transporter les équipements nécessaires jusqu’à Kinshasa. Nous rencontrons des difficultés administratives et parfois illégales pour l’importation du matériel. C’est pourquoi je sollicite le soutien de l’État dans ce processus.
Quel est le projet que vous proposez concrètement ?
Le projet consiste à organiser des compétitions de MMA pour nos athlètes et à leur offrir des formations pour les promouvoir. Ceux qui se distingueront pourront poursuivre leur carrière en Europe. Comme actuellement je possède une licence de promoteur de la RDC, ce qui me permet de mettre en place ce projet. Je souhaite ramener plus de matériel en RDC, car comme je l’ai mentionné, le manque d’équipement et de visibilité freine notre potentiel. Il existe de nombreux talents à Kinshasa, des Francis Ngannou de demain (champion de MMA aux États-Unis). D’ailleurs, je connais Francis, et nous échangeons régulièrement sur nos carrières.
Qu’attendez-vous du gouvernement pour soutenir ce projet ?
Je demande au gouvernement de m’accompagner dans l’importation des équipements essentiels, tels qu’une cage de combat moderne, pour le bon déroulement de nos activités. Il est crucial que le ministre des Sports et Loisirs, Didier Budimbu, nous soutienne dans cette démarche. Avec les autorisations nécessaires, nous pourrons passer à l’action. Ce projet assurera l’avenir du MMA en RDC et donnera une réelle chance aux athlètes locaux.

Quelle relation entretenez-vous avec la fédération de MMA du Congo ?
Je suis en contact avec la fédération de MMA. Le président, Baygon Bombomba, se bat pour la discipline et je suis convaincu qu’avec son accompagnement technique, nous accomplirons de grandes choses. Je soutiens les efforts de la fédération et je m’aligne avec pour apporter un plus dans la carrière des futurs champions de MMA, que ce soit en RDC, en Afrique ou dans le monde entier.
Pouvez-vous nous parler de votre parcours ?
J’ai commencé le MMA à 18 ans, après avoir pratiqué la boxe amateur où j’ai remporté trois ceintures et enregistré neuf victoires, sans aucune défaite. En 2013, je suis devenu professionnel dans les arts martiaux mixtes. Après avoir remporté quatre victoires en moins d’un an, j’ai rejoint la British Association of Mixed Martial Arts (BAMMA), où j’ai défendu ma ceinture en 2014. J’ai ensuite concouru pour l’Ultimate Fighting Championship (UFC) et la Caged Steel. Actuellement, j’ai fait partie de “Professionnal Fighters League (PFL)”. Après un parcours impressionnant, je suis retourné à Kinshasa après 18 ans d’absence, ayant quitté la ville à l’âge de 12 ans pour l’Angleterre.
Quels sont les souvenirs marquants de votre carrière ?
J’ai plusieurs souvenirs marquants. J’ai combattu de nombreux adversaires et remporté plusieurs titres. Mes victoires sont une source de fierté, mais j’ai aussi appris de mes défaites. Je n’ai jamais perdu par KO, mes défaites sont sur décision unanime des juges ou par soumission. Au total, j’ai disputé 25 combats, pour 18 victoires.
Que se passera-t-il pour vous si ce projet aboutit ?
Je continuerai de me battre dans les organisations où je suis engagé. En mars 2025, j’ai un combat prévu, et il y aura d’autres combats tous les trois mois. Je vais continuer à soutenir le développement du MMA en RDC et travailler avec les athlètes ici, même en cas de mon absence. J’ai déjà pris des dispositions pour cela.
Quel message souhaitez-vous transmettre aux jeunes ?
Je tiens à encourager les jeunes à se donner à fond dans le sport. L’amour du sport et le travail acharné finiront par payer. Il est important de rester concentré et déterminé, car le succès viendra à ceux qui ne renoncent jamais.
