13 août 2026

Les éléments du Service national accompagnés des militaires ont effectué une descente musclée sur terrain au célébrissime corridor dit ” Mille Euros”, à Kintambo, constitué d’une ribambelle de débits de boissons, de restaurants de fortune dits ” malewa” et de cabines téléphoniques, dans l’après-midi du mardi 11 août pour rendre propre le lieu. Tôles rasés, meubles détruits. Ce, au grand dam des tenanciers de ces unités de production, qui n’ont fait que constater les dégâts face à ce bulldozer qui a mandat de l’ État.

Quand les hommes en bleu et en bottes jaunes descendent sur terrain, les vendeurs, commerçants broient du noir. Ce, à la manière d’un Pari non pas mutuel urbain (PMU) mais un Pari mortel urbain: je ne t’aime pas, moi non plus.

C’est la panique générale dans le chef de ceux qui sont concernés en première ligne sur fond de tristesse, colère voire impuissance qui se lit dans le visage.

Un cortège d’éléments du Service national avec en tête un Major et autres éléments des Forces armées de la République démocratique ( RDC), tel un rouleau compresseur rasant tout sur son passage : étalages, buvettes, gargotes et cabines téléphoniques placés sur la voirie ou un peu loin.

Un carême forcé, une résurrection financière rêvée

Un mardi gras qui a annoncé un mercredi des cendres au réveil, pour les propriétaires de ces unités de production qui sont appelés désormais à changer leurs habitudes.

Ce, à la manière des chrétiens catholiques pendant le temps de carême, dans la quête d’une résurrection pour le salut de l’âme: ici résurrection est vue d’un oeil financier.

La soirée du mercredi a ressemblé à un deuil dans le couloir de Mille euros où il faudrait batailler dur au lendemain du passage du Service national pour avoir au moins dix euros mieux des francs congolais ( 23.000 FC).

Sachant s’adapter à certaines conditions même défavorables, imagination kinoise et instinct de la survie quand tu tiens, l’on a assisté à des groupuscules ça et là sous les arbres et aux environs : un seul but, boire et manger d’un côté pour des clients et de l’autre, les commerçants vendent.

Vivement le respect de l’art et de la réglementation

Pour un tenancier de cabine téléphonique et ingénieur de surcroît, l’assainissement, la salubrité, l’ordre sont requis mais cette opération doit également se faire dans la normalité des choses et le respect de l’art dans un pays où le chômage est devenu endémique. Des jeunes se débrouillent dans l’informel.

” Nous saluons les mesures d’assainissement pour Kinshasa. Cette ville doit retrouver sa plus belle robe. Mais nos autorités exagèrent. Certains shops, bars se trouvent loin du macadam. Mais malgré cela, ils sont détruits. Il faudrait plutôt sensibiliser davantage sur la propreté. Nous ne sommes pas sur la voie publique comme ailleurs à Tshangu, au marché de la Liberté, au Quartier I ou encore à Magasin Kintambo. C’est différent.
Nous sommes des responsables et ces mesures interviennent à moins d’un mois de la rentrée scolaire 2026-2027. Ça va créer un sentiment de malaise général si ça continue ainsi. À Bandalungwa au niveau de Moulaert, ça a tourné à l’affrontement avec une partie de la population. En face, il faudrait également proposer quelque chose pour le petit peuple. Il y a beaucoup de chômeurs et nous essayons de nous débrouiller, survivre”, se dit désemparé un tenancier de cabine téléphonique et un de grands réparateurs de téléphone, Jeancy Lema, la trentaine révolue.

Comme le malheur ne vient jamais seul, pas d’électricité en allant de l’avenue Kwamouth sur le macadam jusqu’au niveau de l’avenue Bangala, à un jet de pierre de la mosquée, pendant la soirée.

Kinshasa subit de plein fouet un coup de grattoir et de balai sous la houlette du Lieutenant-général Kasongo Kabwik. Tout a commencé dans le district de la Tshangu.
À Kintambo, c’est le carrefour de Magasin qui en premier lieu a subi la purge sanitaire.

Nesta KGB