Kinshasa, 5 août 2026 – Quinze mois après son départ de l’Inspection générale des finances (IGF), Jules Alingete Key est sorti de son silence. Dans un entretien accordé à AfriqueNews RDC, l’ancien Inspecteur général des finances affirme être la cible de menaces anonymes qu’il attribue à des « criminels financiers » mécontents des réformes engagées sous son mandat.
Admis à la retraite avec éméritat en mai 2025 par le président Félix Tshisekedi, Jules Alingete assure vivre cette nouvelle étape « dans la sérénité et la dignité ». Toutefois, il dénonce une campagne de dénigrement menée, selon lui, par des personnes qu’il accuse d’avoir tenté de piller les ressources de l’État.
« Je reçois plusieurs menaces anonymes de ces criminels financiers qui utilisent l’argent sale volé à la République pour tenter de me discréditer », déclare-t-il, estimant que ces attaques sont motivées par les actions de l’IGF contre la mauvaise gouvernance financière entre 2020 et 2025.
L’ancien chef de service de l’IGF affirme également conserver la confiance du président Félix Tshisekedi, rappelant que l’Inspection générale des finances agit sous l’autorité directe du chef de l’État. Il estime que sa loyauté envers le président explique en partie les critiques dont il fait l’objet.
Interrogé sur la gestion actuelle des finances publiques, Jules Alingete juge que des progrès ont été réalisés, notamment dans le respect des procédures financières et la gestion du Compte général du Trésor. Il appelle toutefois à poursuivre les réformes fiscales et à renforcer le contrôle des établissements publics ainsi que des provinces.
Revenant sur son bilan à la tête de l’IGF, il revendique une augmentation des recettes publiques, passées d’environ 3 milliards de dollars en 2020 à près de 13 milliards de dollars en 2025. Il cite également la renégociation des contrats chinois, qui aurait permis de mobiliser 3 milliards de dollars supplémentaires destinés au financement des infrastructures routières.
Jules Alingete met aussi en avant la création de juridictions spécialisées dans la lutte contre la délinquance financière, les progrès enregistrés par la RDC dans les classements internationaux sur la transparence, ainsi que les distinctions obtenues par l’IGF durant son mandat, notamment le prix Forbes Africa 2022 du meilleur acteur africain de la lutte contre la corruption.
Face aux accusations portées contre lui, l’ancien patron de l’IGF affirme n’avoir « aucun problème avec la justice » et invite l’opinion publique à ne pas céder aux « fausses affaires » montées, selon lui, par ses détracteurs.
Enfin, Jules Alingete estime que l’IGF dispose aujourd’hui des compétences et des moyens nécessaires pour poursuivre la lutte contre la corruption. Il appelle les responsables actuels à faire preuve de « volonté, de détermination et de courage » afin de consolider les acquis en matière de gouvernance financière.
Jolga Luvundisakio
