5 août 2026

Quelques jours après le lancement de la campagne « Oui, je le veux » par la ministre de la Jeunesse et de l’Éveil patriotique, Grâce Kutino, une contre-campagne baptisée « Non, je refuse » prend de l’ampleur sur les réseaux sociaux en République démocratique du Congo ( RDC).

Initiée par le Gouvernement, la campagne « Oui, je le veux » vise à mobiliser les jeunes autour d’une marche pacifique prévue le 12 août, à l’occasion de la Journée internationale de la jeunesse. L’objectif affiché est d’encourager la jeunesse congolaise à revendiquer une plus grande place dans les hautes sphères de décision de la République.

Mais cette initiative ne fait pas l’unanimité. Sur les plateformes numériques, de nombreux jeunes expriment leur scepticisme et dénoncent ce qu’ils considèrent comme une opération de communication à caractère politique, déconnectée des réalités qu’ils vivent au quotidien.

« On nous prend pour des vendeurs de rêves », peut-on lire dans plusieurs publications largement relayées. Pour les détracteurs de la campagne gouvernementale, les préoccupations majeures de la jeunesse restent le chômage, la précarité, le manque d’opportunités et l’exclusion des instances de décision.

C’est dans ce contexte qu’est née la contre-campagne « Non, je refuse », portée par des internautes qui réclament des actions concrètes plutôt que des slogans. À travers ce mouvement, ils appellent les autorités à mettre en œuvre des politiques publiques capables de répondre aux attentes réelles des jeunes, notamment en matière d’emploi, de formation et de participation effective à la vie publique.

À quelques jours de la mobilisation du 12 août, une interrogation demeure : la jeunesse congolaise répondra-t-elle massivement à l’appel du Gouvernement ou donnera-t-elle davantage d’écho à la contestation portée par « Non, je refuse » ?

Le rendez-vous du 12 août pourrait ainsi constituer un véritable test de l’adhésion des jeunes aux initiatives gouvernementales, dans un contexte où les réseaux sociaux deviennent un espace majeur d’expression et de contestation.

Safia Mahunda