26 juin 2026

La Commission économique, financière et de contrôle budgétaire (ECOFIN) de l’Assemblée nationale a entamé, mercredi 24 juin, l’examen approfondi du projet de loi de finances rectificative de l’exercice 2026. Pour cette première journée de travaux, le vice-Premier ministre en charge du Budget, Adolphe Muzito, ainsi que la vice-ministre des Finances, ont été auditionnés par les députés nationaux réunis à l’hôtel Béatrice à Kinshasa.

Au cours des échanges, plusieurs préoccupations ont été soulevées par les élus du peuple concernant certaines rubriques budgétaires. Face aux nombreuses questions formulées, Adolphe Muzito a sollicité un délai de 48 heures afin d’apporter des réponses détaillées et documentées aux membres de la commission.

Des secteurs prioritaires sous surveillance

À l’issue de la séance, le président de l’ECOFIN, Guy Mafuta, a rappelé que le projet de loi rectificative avait été présenté en séance plénière le 11 juin dernier avant d’être déclaré recevable et transmis à la commission pour examen approfondi.

« Nous avons passé en revue tous les éléments qui ont conduit le Gouvernement à solliciter l’autorisation budgétaire du Parlement. Certaines dépenses nécessitent un regard beaucoup plus soutenu, notamment celles relatives à la santé et à l’éducation », a déclaré Guy Mafuta.

Le président de l’ECOFIN a insisté sur la nécessité de préserver les crédits alloués au secteur de la santé, particulièrement dans le contexte de l’épidémie d’Ebola qui sévit dans certaines régions du pays.

« Avec l’épidémie du virus Ebola, nous ne pouvons pas nous permettre d’opérer des coupes budgétaires dans le secteur de la santé. Les dépenses liées à l’éducation, à la sécurité et à la défense doivent également faire l’objet d’une attention particulière », a-t-il souligné.

Les députés membres de la commission poursuivront leurs travaux pendant trois jours avant l’élaboration d’un rapport qui sera soumis à la plénière pour adoption.

Un budget revu à la baisse

Pour rappel, le projet de loi de finances rectificative de l’exercice 2026 a été déclaré recevable par l’Assemblée nationale lors de la séance plénière du 11 juin dernier.

Présenté par le vice-Premier ministre du Budget, Adolphe Muzito, au nom du Gouvernement dirigé par la Première ministre Judith Suminwa, ce collectif budgétaire prévoit un budget équilibré en recettes et en dépenses de 50.295 milliards de francs congolais, soit environ 21,9 milliards de dollars américains, contre 54.336 milliards de francs congolais dans la loi de finances initiale.

Cette révision représente une baisse de 7,4 % du budget global, principalement due à une diminution de 42 % des ressources extérieures. En revanche, les recettes internes enregistrent une progression de 6,9 %, traduisant une amélioration de la mobilisation des ressources nationales.

Une économie résiliente malgré les défis sécuritaires

Selon le Gouvernement, cette loi de finances rectificative intervient dans un contexte marqué par les efforts diplomatiques du Président de la République, Félix Antoine Tshisekedi Tshilombo, face à la guerre d’agression dans l’Est du pays.

Adolphe Muzito a également mis en avant les performances économiques enregistrées par la RDC au cours des derniers mois. Le taux de croissance économique a été révisé à la hausse, passant de 5,3 % à 5,6 %, tandis que l’inflation demeure maîtrisée à 3,5 % en moyenne annuelle.

Le Gouvernement souligne également la stabilité du franc congolais face au dollar américain, soutenue notamment par la bonne tenue des cours du cuivre et du cobalt sur les marchés internationaux.

Ces performances ont permis une augmentation de 5 % des recettes courantes de l’État, qui passent de 14,4 milliards à 15,2 milliards de dollars américains, soit près de 740 millions de dollars additionnels destinés au financement des salaires, des transferts et subventions, des investissements publics ainsi que des dépenses exceptionnelles.

Les conclusions de l’ECOFIN sont désormais attendues avant le retour du texte en plénière pour son examen final et son éventuelle adoption.

Jolga Luvundisakio