14 août 2026

La lutte contre les dérives sur les réseaux sociaux se durcit en République démocratique du Congo. Le ministre d’État, ministre de la Justice et Garde des Sceaux, Guillaume Ngefa Atondoko, ainsi que le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, ont, à travers deux communications distinctes, annoncé et appelé à un renforcement des poursuites contre les auteurs d’infractions commises dans l’espace numérique.

Dans un communiqué publié ce vendredi 14 août 2026, le cabinet de Guillaume Ngefa Atondoko affirme la détermination du gouvernement à « assainir le cyberespace congolais ». Cette prise de position intervient notamment après la réception, jeudi 13 août, d’une délégation de l’ONG Telema Mwana ya Mampinga, venue remettre un mémorandum dénonçant la recrudescence des injures, de la diffamation et des atteintes à l’honneur visant des autorités de la République, particulièrement la Première Dame.

Le ministre de la Justice dit partager les préoccupations exprimées par cette organisation et rappelle que certains contenus diffusés sur les réseaux sociaux, notamment sur TikTok, ne sauraient être systématiquement couverts par la liberté d’expression lorsqu’ils constituent des infractions prévues par la législation congolaise.

Des interpellations et des procès déjà engagés

Le cabinet du ministre affirme que des actions judiciaires sont déjà en cours à travers le pays. Plusieurs interpellations, mandats d’amener et procédures de flagrance auraient ainsi été engagés auprès des parquets compétents afin de poursuivre les auteurs présumés de ces dérives numériques.

« La justice restera implacable » face à l’utilisation des plateformes numériques pour propager la haine, le mépris des institutions ou porter atteinte à la dignité humaine, prévient le ministère de la Justice.

Dans la même dynamique, le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde Mambu, demande aux officiers de police judiciaire à compétence générale de renforcer la recherche, la constatation et la répression des infractions prévues par le Code du numérique.

Le chef du parquet général constate que les infractions commises au moyen des technologies de l’information et de la communication ne font pas encore l’objet de recherches et de poursuites à la hauteur de leur fréquence, de leur gravité et de leurs conséquences.

Il déplore également que certaines plaintes et dénonciations susceptibles de constituer des infractions numériques restent insuffisamment exploitées ou ne donnent pas lieu à des investigations appropriées, une situation susceptible, selon lui, de favoriser l’impunité.

Les OPJ appelés à agir d’office

Firmin Mvonde insiste particulièrement sur la nécessité pour les officiers de police judiciaire de ne pas attendre systématiquement le dépôt d’une plainte avant d’agir.

Ils peuvent se saisir d’office des faits infractionnels commis dans l’espace numérique, notamment lorsqu’ils sont constatés à travers des audios, des vidéos, des systèmes informatiques ou des réseaux de communication électronique.

Le procureur général appelle ainsi les enquêteurs à adapter leurs méthodes de travail aux nouvelles réalités technologiques, avec « rigueur, diligence, professionnalisme et détermination ».

Pour lui, la lutte contre la cybercriminalité doit désormais devenir « une priorité permanente de la police judiciaire ».

À travers ces deux communications, les autorités judiciaires congolaises affichent donc une volonté commune de renforcer la surveillance et les poursuites contre les abus numériques, tout en appelant les utilisateurs des réseaux sociaux, particulièrement les jeunes, à davantage de responsabilité et de civisme numérique.

La rédaction