14 mars 2026

Le Procureur près la Cour de cassation, Firmin Mvonde, a officiellement saisi l’Assemblée nationale pour demander la levée des immunités parlementaires du ministre de la Justice, Constant Mutamba. Cette requête vise à permettre l’ouverture d’une information judiciaire à son encontre, dans le cadre d’un présumé détournement de 19 millions de dollars américains.

Selon les éléments avancés par le réquisitoire du procureur, cette somme aurait été soustraite dans le cadre d’un contrat de gré à gré portant sur la construction de la prison centrale de Kisangani. Sur un montant total de 39 millions de dollars alloués à ce projet, 19 millions auraient disparu dans des circonstances jugées suspectes.

Interrogé sur la question, Vital Kamerhe, président de l’Assemblée nationale, a déclaré que l’institution qu’il dirige ne ferait jamais obstacle à la justice. « La lutte contre la corruption et le détournement des deniers publics est une priorité. L’Assemblée nationale jouera pleinement son rôle en permettant à la justice de faire son travail », a-t-il affirmé.

Cependant, cette affaire suscite de vives polémiques. Certains observateurs s’interrogent sur la nature réelle de cette démarche judiciaire. S’agit-il d’un acte de justice ou d’un possible règlement de comptes politique ?

Le camp Mutamba dénonce ce qu’il considère comme une cabale orchestrée par « des magistrats véreux », que le ministre aurait dérangés depuis son entrée en fonction en affichant une volonté de réforme et de moralisation du secteur judiciaire. Une vidéo circulant sur les réseaux sociaux montre d’ailleurs la lecture intégrale de la lettre du procureur Firmin Mvonde adressée à l’Assemblée nationale, ajoutant à la confusion et à l’effervescence autour de ce dossier.

L’affaire est suivie de près par l’opinion publique, dans un contexte national marqué par une exigence croissante de transparence et de bonne gouvernance.

Assiyah Tshamunyongue