16 février 2026

En République démocratique du Congo, les effets de la politique économique commencent à se faire sentir dans la vie quotidienne. Les pénuries de carburant s’atténuent, les prix à la pompe ont baissé, la farine de maïs recule sur plusieurs marchés, et les recettes fiscales atteignent des niveaux inédits. Derrière ces résultats, un acteur-clé : Daniel Mukoko Samba, vice-Premier ministre de l’Économie, revenu au gouvernement en juin 2024.

En un peu plus d’un an, ce professeur d’économie a imprimé sa marque en lançant des réformes qui, selon plusieurs observateurs, redonnent de la crédibilité au gouvernement de Félix Tshisekedi. Cinq succès majeurs illustrent son impact.

1. Baisse historique du prix des carburants

En octobre 2024, le gouvernement a réduit de 13 % le prix de l’essence et du gasoil, passant respectivement de 3 340 à 2 990,49 FC et de 3 435 à 2 979,73 FC. Cette baisse, impulsée par Mukoko, a permis d’accroître la consommation de carburant de près de 50 % en avril 2025. À Kinshasa, la société SEP distribue désormais entre 3 000 et 3 500 m³ par jour, contre 1 500 m³ auparavant.

2. Réduction drastique des pertes dans le secteur pétrolier

Le gouvernement a également assaini le système de compensation des pertes et manques à gagner (PMAG). De 281 millions de dollars en 2023, la facture est tombée à seulement 31 millions en 2024, soit une économie de 250 millions USD pour l’État. Le président Tshisekedi lui-même a félicité Mukoko Samba, tandis que le FMI a salué une gestion « rigoureuse et transparente » des subventions pétrolières.

3. Explosion des recettes fiscales minières

La réforme du circuit d’approvisionnement en carburant des sociétés minières a généré une hausse spectaculaire des recettes. Depuis juillet 2025, les taxes collectées sont passées de 4 à 63 milliards de francs congolais par mois, soit une progression de 1 560 %. L’obligation faite aux compagnies minières de s’approvisionner légalement et de déclarer leurs achats permet désormais une traçabilité accrue et met fin aux subventions injustifiées.

4. Stabilité relative des prix alimentaires

L’introduction de l’application « Talo » pour surveiller les prix a permis un suivi plus précis de l’évolution du panier de la ménagère. Si certaines denrées, comme le haricot (+38 %) ou le poisson salé (+13,7 %), ont connu des hausses, d’autres produits stratégiques ont baissé, notamment le chinchard, le sucre et la farine de maïs. Dans le Grand Katanga et le Grand Kasaï, les prix du maïs ont reculé de 1 à 15 % entre février et mai 2025.

5. Reconnaissance internationale et impact politique

En septembre 2025, le FMI a publiquement félicité la RDC pour la gestion des subventions pétrolières. Ces résultats, qui se traduisent par plus de carburant disponible, plus de pouvoir d’achat et plus de recettes publiques, constituent aujourd’hui un atout politique pour l’Union sacrée, à l’approche des échéances à venir.

Des succès qui dérangent

Si les réformes de Mukoko Samba sont saluées par les partenaires internationaux et la Présidence, elles n’échappent pas aux critiques de certains adversaires politiques, qui tentent de minimiser ou de discréditer ces avancées. Mais les chiffres, eux, sont éloquents : en un an, la facture pétrolière a été divisée par neuf, les recettes fiscales ont bondi, et la stabilité des prix alimentaires s’améliore.

Pour l’Union sacrée, ces résultats sont désormais un argument central dans la bataille politique qui se profile.

Jolga Luvundisakio