Une vive polémique a récemment éclaté autour du processus de compensation des pertes et manques à gagner (PMAG) des sociétés pétrolières en RDC. Des accusations d’opacité ont visé le vice-Premier ministre de l’Économie nationale, Daniel Mukoko Samba. Mais les procès-verbaux du Comité de suivi de la structure des prix des produits pétroliers (CSPPP), consultés par le média AfricaNews, apportent un démenti formel.
En mai 2024, la certification officielle des PMAG a montré que sur 210 sociétés contrôlées, 127 devaient restituer des bénéfices à l’État, contre 83 qui ont déclaré des pertes. Résultat : les compensations ont chuté de 288,6 millions de dollars à 31,6 millions, soit une baisse spectaculaire de 89 %. Une rigueur saluée par la Présidence de la République et validée par le Fonds monétaire international (FMI).
Une méthodologie encadrée
Les travaux, menés en présence de la Présidence, de la Primature, des ministères de l’Économie, des Hydrocarbures et des Finances, de la DGDA et de la Banque centrale, ont rappelé la méthodologie stricte appliquée : calcul basé sur le prix moyen frontière commercial, les volumes traités, les marges bénéficiaires et le taux de change.
Toutefois, un problème de conformité a été relevé : très peu d’entreprises avaient correctement soumis leurs dossiers, et plusieurs affichaient encore des dettes vis-à-vis de l’État. Sur 182 sociétés réellement actives au cours des deux trimestres examinés, seules 28 ont fourni les documents requis.
Des résultats tangibles
Malgré ces failles administratives, la nouvelle discipline instaurée a déjà produit des effets concrets. En octobre 2024, le pays a connu une baisse du prix du carburant à la pompe une première depuis plusieurs années. Les experts estiment que la transparence introduite dans le système est devenue un facteur de stabilité pour le secteur.
Rumeurs démenties
Les procès-verbaux écartent aussi l’existence de sociétés fictives indûment payées. « Où sont donc passées ces prétendues sociétés ? Toutes les institutions impliquées auraient-elles laissé un seul ministre manipuler le processus ? », interrogent des observateurs, soulignant que certaines entreprises doivent encore de grosses sommes à l’État.
Engagement pour la suite
Pour consolider ces acquis, le CSPPP et ses partenaires institutionnels se sont engagés à poursuivre la certification régulière des PMAG et à maintenir la transparence du mécanisme, afin d’assurer la sécurité de l’approvisionnement pétrolier et l’équilibre budgétaire du pays.
Jolga Luvundisakio
