14 mars 2026

Après près de huit mois d’inactivité, Congo Airways amorce un retour progressif dans le ciel rd-congolais. Le samedi 31 janvier, l’aéroport international de N’Djili a enregistré l’arrivée d’un Airbus A320 destiné à renforcer la flotte de la compagnie nationale. Particularité notable : l’appareil, mis en service en 1989, totalise 36 années d’exploitation, ce qui le place parmi les A320 les plus anciens encore en activité à l’échelle mondiale, selon le site spécialisé NewsAero.

L’avion a été acquis en leasing auprès de la société sud-africaine Global Aviation. Il s’agit du deuxième appareil réceptionné récemment par Congo Airways, après l’Embraer E190 arrivé à la fin de l’année 2025. Au cours de sa longue carrière, cet A320 a volé sous plusieurs pavillons et livré diverses compagnies aériennes, notamment Braniff, America West, US Airways, Sénégal Airlines, Fly Baghdad, Jubba Airways et Corendon Airlines, avant d’être exploité par son actuel bailleur.

Pour Global Aviation, la remise en service de ce type d’aéronef constitue une opération rentable, permettant de prolonger la durée d’exploitation d’un avion en fin de cycle. Du côté de Congo Airways, confrontée à des difficultés financières récurrentes, le recours à des contrats de leasing à moindre coût apparaît comme une option pragmatique pour reconstituer rapidement une flotte opérationnelle.

Selon NewsAero, l’Embraer E190 récemment réceptionné affiche environ 18 ans d’âge et aurait bénéficié de lourds travaux de maintenance à Toulouse, en France. Un second appareil du même type est attendu prochainement et ferait actuellement l’objet d’opérations techniques similaires.

Des spécialistes du secteur aérien appellent toutefois à la prudence. Si l’utilisation d’avions anciens reste possible sous réserve d’un suivi technique rigoureux, elle implique des contraintes importantes : contrôles structurels renforcés, maintenance plus fréquente, disponibilité parfois limitée des pièces de rechange et coûts logistiques élevés. « Plus un avion vieillit, plus le risque d’immobilisation augmente, ce qui peut réduire, voire annuler, les économies réalisées sur le leasing », souligne un pilote rd-congolais interrogé sous anonymat.

Outre les coûts de maintenance non planifiés, les experts évoquent également des risques de retards, d’annulations, une consommation de carburant plus élevée et une possible dégradation de l’image de la compagnie. Ces éléments contrastent avec l’ambition affichée par les autorités, rappelée lors du Conseil des ministres du 19 juillet 2024, de renouveler la flotte nationale par l’acquisition de trois Airbus A320 neufs.

Par ailleurs, Congo Airways demeure inscrite sur la liste noire de l’Union européenne pour des raisons liées à la sécurité aérienne, un obstacle majeur à toute relance internationale. Clouée au sol depuis avril 2025, la compagnie tente aujourd’hui une reprise progressive de ses activités avec des appareils d’occasion, une démarche à la fois réaliste à court terme et fragile sur le plan stratégique.

AfricaNewsRDC