Le président du parti Alliance pour le changement (A.Ch), Jean-Marc Kabund, tiendra, sauf imprévu, une cérémonie d’échange de vœux avec les cadres et militants de sa formation politique ce samedi 7 février à Kinshasa. Cette rencontre, à forte portée politique, intervient dans un contexte national marqué par de vifs débats autour du dialogue inclusif proposé par le président de la République, Félix Tshisekedi.
Selon plusieurs sources concordantes, l’opposant devrait profiter de cette tribune pour se prononcer sur les grandes questions d’actualité nationale. Il est notamment attendu qu’il clarifie la position de l’Alliance pour le changement sur le format, les conditions et les garanties du dialogue politique envisagé par le Chef de l’État.
Cette initiative présidentielle suscite déjà des réactions contrastées au sein de la classe politique de l’opposition. Pour Ensemble pour la République, la plateforme de Moïse Katumbi, le dialogue proposé par Félix Tshisekedi ne serait qu’un « simulacre ». La formation estime qu’un processus crédible ne peut se tenir qu’sous la médiation morale et neutre des Églises, en particulier la CENCO et l’ECC. Elle met en garde contre toute démarche excluant des acteurs clés de la nation, qu’elle juge vouée à l’échec.
Ensemble pour la République insiste également sur la nécessité de créer un climat politique apaisé, conditionnant toute participation à la levée des condamnations politiques, à la fin des restrictions imposées aux opposants et à l’arrêt de la répression contre les voix dissidentes.
De son côté, Envol (Ensemble national des valeureux œuvrant pour la liberté), dirigé par Delly Sesanga, exprime de profondes réserves face à un dialogue qu’il qualifie de « sous conditions » et insuffisamment inclusif. Le mouvement souligne qu’un dialogue véritable repose sur la liberté de participation et ne saurait se limiter à un simple exercice de communication politique encadrée.
La plateforme Sauvons la RDC, qui regroupe notamment Matata Ponyo Mapon, ancien Premier ministre, et l’opposant Franck Diongo, adopte une posture plus nuancée. Elle considère que le dialogue politique constitue un instrument essentiel de paix et qu’un rejet systématique de ce principe équivaut à favoriser l’escalade des tensions politiques et sociales.
Pour sa part, le président Félix Tshisekedi réaffirme son ouverture à un dialogue inclusif et apaisé. Il l’a rappelé lors de la cérémonie d’échange de vœux avec les ambassadeurs et diplomates accrédités en RDC, tenue le 31 janvier à Kinshasa. Le Chef de l’État précise que ce dialogue, s’il devait se tenir, se déroulerait sur le sol national et serait conduit par les institutions de la République, dans le strict respect de la Constitution et des lois en vigueur.
Dans ce contexte politique dense, la prise de parole annoncée de Jean-Marc Kabund est attendue comme un moment clé, susceptible de préciser les lignes de fracture ou de convergence au sein de l’opposition congolaise face à l’initiative présidentielle.
Jolga Luvundisakio
