Martin Fayulu a dénoncé, ce vendredi, une tentative de « coup d’État constitutionnel » qui, selon lui, menacerait la République démocratique du Congo. Lors d’une conférence de presse marquée par une forte tension politique, l’opposant a pointé du doigt la proposition de loi référendaire portée par le professeur et député Paul Gaspard Ngondankoy, estimant qu’elle pourrait permettre au président Félix Tshisekedi de prolonger son mandat au-delà des limites prévues par la Constitution.
Dans son intervention, Martin Fayulu a également évoqué la situation sécuritaire alarmante dans l’Est de la RDC. Il a rappelé l’occupation de plusieurs localités par le M23, soutenu selon lui par le Rwanda, ainsi que les massacres attribués aux ADF.
« Nous faisons face à une occupation de plusieurs localités par le M23 et à des massacres perpétrés par les ADF. Dans ce contexte dramatique, comment le président Tshisekedi peut-il envisager de rester au pouvoir à tout prix ? », s’est-il interrogé.
Le leader de l’opposition a qualifié la proposition de loi de « subterfuge » visant à contourner les dispositions de l’article 220 de la Constitution, considéré comme intangible car protégeant les principes fondamentaux de la démocratie congolaise.
« Accepter une telle révision serait ouvrir la porte à une dérive autoritaire », a-t-il averti.
Martin Fayulu a également remis en question la légitimité d’éventuelles décisions prises par des experts désignés par le pouvoir exécutif.
« Qui détermine qu’il existe un dysfonctionnement majeur ? La souveraineté du peuple ne peut être déléguée à des personnes nommées par le pouvoir », a-t-il déclaré.
L’opposant a appelé les députés nationaux à retirer les articles 87 à 90 de cette proposition de loi, rappelant la mobilisation populaire de 2015 qui avait permis, selon lui, d’empêcher une révision constitutionnelle controversée.
« L’histoire nous regarde. Nous devons défendre notre Constitution contre toute tentative de violation », a-t-il insisté.
En conclusion, Martin Fayulu a plaidé pour un dialogue national inclusif afin de préserver l’unité et la souveraineté de la RDC.
« Le Congo est plus grand que nos ambitions personnelles. Nous devons nous battre pour un avenir démocratique et stable », a-t-il conclu.
Ces déclarations interviennent dans un contexte politique et sécuritaire particulièrement tendu à l’approche des prochaines échéances électorales en RDC, alors que plusieurs acteurs nationaux et internationaux appellent au respect strict de la Constitution et à l’organisation d’élections transparentes et apaisées.
Assiyah Tshamunyongue
