La Commission économique, financière et de contrôle budgétaire (ECOFIN) de l’Assemblée nationale a poursuivi, jeudi 20 novembre, l’examen approfondi du projet de loi portant reddition de comptes de l’exercice 2024. À l’issue de cette séance tenue à l’hôtel Béatrice, le président de cette commission, Guy Mafuta Kabongo, a insisté sur la nécessité d’une responsabilité partagée entre le Parlement et le gouvernement dans la gestion des finances publiques.
La Cour des comptes au centre de l’analyse
Les travaux ont débuté avec l’audition du premier président de la Cour des comptes, invité en sa qualité de conseiller institutionnel de l’Assemblée nationale. L’institution supérieure de contrôle ayant déjà examiné la reddition de comptes, analysé les chiffres et formulé des recommandations, sa présence était essentielle.

Selon Guy Mafuta, il était primordial pour les députés “d’écouter, d’interroger et de comprendre en détail” les conclusions tirées par la Cour des comptes, dont le rôle est fondamental dans la transparence et la rigueur de la gestion publique.
Un échange sans détour avec le ministre des Finances
La commission a ensuite reçu le ministre des Finances, Doudou Fwamba, venu présenter l’économie générale du document, notamment les recettes, les dépenses, les écarts entre prévisions et réalisations ainsi que les performances budgétaires enregistrées.
Guy Mafuta a rappelé que cet exercice de reddition de comptes relève d’une obligation constitutionnelle qui impose au gouvernement de se soumettre au contrôle du Parlement.
Pendant plus de quatre heures, les élus ont analysé chaque rubrique budgétaire “sans tabou”, passant en revue lignes de dépenses, objectifs atteints et zones de contre-performance. Aucune question n’a été éludée, a assuré le président de la commission.

L’équité territoriale au cœur des priorités
Au cours des échanges, les députés ont réaffirmé leur volonté d’assurer une répartition équitable des investissements publics sur l’ensemble du territoire national.
“C’est un budget national. Autant on investit au Maniema, autant on doit investir au Kwango ou à Ariwara”, a souligné Guy Mafuta, insistant sur la nécessité d’un développement harmonisé des provinces et d’une justice budgétaire.
Une gouvernance budgétaire qui engage les deux pouvoirs
Le ministre des Finances a reconnu la responsabilité conjointe du gouvernement et du Parlement dans la gestion du budget de l’État. Il a rappelé que les élus, en tant qu’autorité budgétaire, doivent pleinement assumer leur rôle de contrôle.
Guy Mafuta a abondé dans le même sens, plaidant pour un contrôle budgétaire continu plutôt que concentré après la clôture de l’exercice.
“Il est préférable de limiter les dégâts en cours d’exécution que d’attendre la fin de l’année budgétaire”, a-t-il martelé.
Il a annoncé que, dès le premier trimestre 2026, les ministres du Budget et des Finances seront à nouveau convoqués afin de présenter l’état d’avancement de l’exécution du budget en cours.
La commission ECOFIN reprendra ses travaux ce vendredi avec l’audition des différentes régies financières et des services publics chargés à la fois de mobiliser et de consommer les ressources publiques. Cette étape vise à renforcer la transparence, la performance et la redevabilité dans la gestion des finances de l’État.
Jolga Luvundisakio
