Les déclarations chocs de l’ancien ministre congolais des Finances, Nicolas Kazadi, continuent de faire des vagues en République démocratique du Congo. Au cours d’une émission qui circule largement sur les réseaux sociaux, Kazadi a levé le voile sur une gestion budgétaire désordonnée et marquée par des pratiques peu orthodoxes durant le premier mandat du président Félix Antoine Tshisekedi.
Ces révélations jettent une lumière crue sur des dérives financières jusque-là dissimulées, révélant un système de prédation et de mauvaise gestion des ressources publiques. Une situation qui a fait réagir Me Jean-Claude Katende, figure de la société civile congolaise.
“Il est temps que la justice se saisisse de cette affaire”, déclare Katende, qui appelle à l’audition immédiate de Nicolas Kazadi. Selon lui, ce dernier doit dévoiler les identités des responsables impliqués dans le détournement des fonds publics, ainsi que les projets affectés par ces pratiques.
“La justice devrait convoquer Nicolas Kazadi pour qu’il révèle les noms des prédateurs tapis dans les institutions, et les projets sabordés par le partage illicite de l’argent public”, a martelé Katende, avant d’interpeller : “Où est la justice ? Où est le ministre Mutamba ?”
Ces révélations suscitent un profond malaise au sein de l’opinion publique. De nombreux Congolais s’indignent sur les réseaux sociaux, dénonçant une hypocrisie au sommet de l’État. “Donc le pays est géré comme ça ? À quoi servent alors vos discours sur la bonne gouvernance ?”, s’interroge un internaute, relayant un message posté par Jean-Claude Katende sur X.
Invité par la journaliste Paulette Kimintu, Nicolas Kazadi n’a pas mâché ses mots : “Nous cherchons trop le confort personnel. Lorsqu’il y a de l’argent destiné à un projet, on le partage d’abord, et on réfléchit après.”
Il a également dénoncé la création incontrôlée de structures étatiques : “L’État a créé 53 nouveaux établissements publics pendant le premier mandat. Ils sont financés en cours d’année, sans qu’il y ait eu de prévision budgétaire. Ils recrutent sans aucun cadre réglementaire.”
Des révélations qui mettent à mal les promesses de réforme et de transparence souvent proclamées par les autorités.
Assiyah Tshamunyongue
