5 mars 2026

Convoquée comme cruciale en raison d’un débat oral prévu entre le sénateur Vunabandi Kanyamihigo et le ministre des Mines sur le gel des gisements et les droits des populations riveraines des zones minières, la plénière du mercredi 7 mai dernier a connu une fin mouvementée. En effet, à la suite d’une motion incidentielle initiée par le sénateur Jean-Paul Boketsu, le débat tant attendu n’a finalement pas eu lieu.

L’élu de l’Équateur a invité la plénière à ne pas aborder ce sujet sensible, arguant qu’une partie du territoire concerné est actuellement en zone de conflit et intégrée dans le plan de sortie de crise proposé dans le cadre du « deal du siècle » avec Washington. Pour le sénateur Boketsu, discuter publiquement de ces questions, relevant selon lui de la stratégie de défense nationale, pourrait compromettre les efforts en cours.

S’en est suivi un débat houleux entre les partisans de la motion et ceux qui voulaient entendre les explications du ministre Kizito sur cette question vitale pour les populations qu’ils représentent. Finalement, après un vote de 29 voix pour, 27 contre et 7 abstentions, la motion a été adoptée, contraignant ainsi le ministre Kizito à quitter la salle alors qu’il s’apprêtait à intervenir.

Bamanisa plaide pour la transparence

Pour sa part, le sénateur Jean Bamanisa a insisté sur la nécessité d’assurer la transparence dans les grandes décisions, notamment celles liées au secteur minier. « En tant que parlementaires, nous devons exiger la transparence dans tous les dossiers. Il faut anticiper, il faut planifier », a déclaré l’élu de la Tshopo.

L’ancien gouverneur a ainsi plaidé pour une meilleure gestion des discussions sur les mines de l’Est, afin d’éviter que le pays n’en subisse les conséquences. « Il est essentiel que les Congolais sachent ce qui s’y passe. Pourquoi toutes ces batailles autour des mines ? Écarter une telle question, c’est une erreur », a-t-il martelé.

Pour lui, le Sénat doit trouver d’autres occasions pour débattre de ce dossier, car il ne s’agit pas seulement d’une interpellation, mais d’un besoin de compréhension des capacités minières du pays : permis d’exploitation, zones artisanales, encadrement, etc.

En conclusion, le sénateur Bamanisa a affirmé que ce type d’échange permettrait aux élus de mieux maîtriser les dossiers miniers et de contribuer à mettre fin au désordre qui y règne, condition nécessaire à la paix. « Ne pas en discuter, ne pas proposer de solutions au gouvernement à travers cette chambre haute, ce n’est pas la solution », a-t-il conclu.

Armando MANANASI, collaboration extérieur