16 décembre 2025

Kinshasa, 26 octobre 2025 – Plusieurs médias congolais ont adressé une lettre ouverte à l’organisation internationale Global Witness, qu’ils accusent d’intimidation et d’atteinte à la liberté de la presse en République démocratique du Congo (RDC).

Dans ce document signé par de nombreux responsables de rédaction, les journalistes congolais se disent “choqués” par une communication datée du 20 octobre, envoyée par Mme Natacha Ion, représentante de l’ONG, et présentée comme un “droit de réponse”.
Selon eux, ce courriel constituerait en réalité une tentative flagrante d’imposer une ligne éditoriale et de “museler la presse libre du Congo”.

Le courriel de Mme Natacha Ion représente un abus profond et inacceptable qui porte atteinte au cœur même de notre liberté journalistique”, dénonce la lettre.

Une atteinte à l’indépendance éditoriale

Les signataires estiment que les pressions exercées par Global Witness s’apparentent à une “menace directe contre l’indépendance de la presse congolaise”.
Ils reprochent à l’organisation de vouloir “contrôler la liberté d’expression” et d’exiger des médias congolais une couverture favorable, même dans des articles qui ne la mentionnent pas.

Votre audace d’exiger que les médias vous répondent est un acte d’arrogance suffisante. Il s’agit d’une menace directe à l’indépendance éditoriale de la presse congolaise”, peut-on lire dans la lettre.

Un ton ferme face à un “paternalisme occidental

Les journalistes accusent Global Witness d’adopter une attitude paternaliste et d’entretenir une “mentalité d’époque coloniale”, en cherchant à discipliner les médias africains.
Ils rejettent également ce qu’ils qualifient de “nouvelle forme de pression néocoloniale” visant à contrôler les récits produits en Afrique.

Vos actions traduisent une mentalité d’époque coloniale, où une organisation du Nord estime avoir autorité pour donner des leçons et discipliner les médias africains”, affirment-ils.

Un appel à la solidarité de la presse africaine

Dans leur lettre, les signataires appellent toute la presse congolaise et africaine à s’unir face à ce qu’ils décrivent comme “une tentative d’intimidation effrayante”.
Ils affirment ne pas se laisser “réduire au silence” et déclarent que “la dignité et la souveraineté des médias congolais ne sont pas à vendre”.

Notre dignité n’est pas à vendre. Notre voix n’est pas négociable”, concluent-ils.

Un appel à la transparence

Les auteurs de la lettre pointent également le manque de transparence de Global Witness, évoquant ses liens supposés avec des réseaux d’influence financés par le milliardaire George Soros.
Ils demandent à l’organisation d’appliquer à elle-même les standards de transparence qu’elle réclame aux autres.

Parmi les signataires de cette lettre ouverte figurent : AfricaNewsRDC, Cumulard.cd, Forum des As, Congo Nouveau, Infos27, Telenews, Scoop RDC, Ouragan.cd, Le Phare, alternance ,ainsi que d’autres médias congolais engagés pour la défense de la liberté de la presse.

Jolga Luvundisakio