Le 17 novembre 2025, la mine de Kalondo, située à 42 km au sud-est de Kolwezi, dans la province du Lwalaba, a été le théâtre d’un effondrement tragique ayant coûté la vie à plus de 35 exploitants artisanaux. Ces citoyens, qui vivaient principalement des retombées de l’exploitation minière artisanale, ont été surpris par un effondrement provoqué suite à une panique collective. Selon les premières informations, un groupe de militaires et de civils, notamment des Chinois, a tenté de déloger les creuseurs afin de reprendre le contrôle de la mine, ce qui a déclenché une série d’événements dramatiques.
Lors de la plénière de l’Assemblée nationale, ce mercredi 28 novembre, le député national de Sakania, Serge Nkonde Chembo, a vivement dénoncé l’usage excessif et disproportionné de la force sur les exploitants artisanaux. Ancien Ministre des Sports et Loisirs, il a rappelé que les militaires ont ouvert le feu sur des citoyens sans défense, tuant trois personnes, ce qui a entraîné la fuite des autres et la rupture d’un pont sur le site, provoquant l’effondrement de la mine. Il qualifie cet incident de « scandale inadmissible » et appelle à une réaction rapide des autorités pour protéger les citoyens.
La mine de Kalondo appartenait initialement à l’entreprise Chemaf, qui l’avait temporairement cédée aux exploitants artisanaux en attendant de reprendre ses activités. Ce transfert provisoire a donné lieu à des tensions entre les creuseurs locaux et des acteurs extérieurs venus contrôler le site, notamment des militaires et des investisseurs étrangers. Cette situation illustre le problème plus large de la régulation de l’exploitation minière artisanale en RDC, où l’absence de supervision stricte et la présence de forces armées sur les sites exposent les travailleurs à de graves risques.
Pour faire la lumière sur ce drame, Serge Nkonde Chembo a proposé une motion d’information devant l’Assemblée nationale. Il demande notamment l’ouverture d’une mission d’enquête parlementaire conformément aux articles 210 à 212 du Règlement Intérieur. Il recommande également au gouvernement d’interdire la présence des militaires sur les sites artisanaux, de poursuivre les responsables identifiés de l’effondrement, et de renforcer la police des mines pour garantir la sécurité. Enfin, il préconise un meilleur encadrement technique des exploitants afin de prévenir de futurs accidents.
Ce tragique événement plonge la province du Lwalaba dans le deuil et touche directement des dizaines de familles congolaises dépendantes de l’exploitation artisanale. Il soulève également la question de la sécurité et de la régulation des mines artisanales à l’échelle nationale. La motion d’information de Serge Nkonde Chembo vise à attirer l’attention de l’État sur la nécessité d’un contrôle strict et d’une intervention rapide pour éviter que de tels drames ne se reproduisent, tout en garantissant la protection des citoyens et la transparence des opérations minières sur le territoire congolais.
La Rédaction
