Une ancienne animatrice de la Radio-Télévision Nationale Congolaise (RTNC), Osiong Ampom Chimène, se retrouve aujourd’hui en exil en Belgique après avoir été accusée de connivence avec le mouvement rebelle M23. L’affaire, qui suscite de nombreuses interrogations, révèle une situation tendue dans l’Est du pays et met en lumière les risques encourus par les journalistes dans l’exercice de leur métier.
Une simple animation qui déclenche la controverse
Tout commence le 18 février 2025, lors de son émission quotidienne sur la RTNC. Dans un contexte de tensions croissantes dans l’Est du pays, elle appelle la population à soutenir les forces armées congolaises face à l’envahissement de Bukavu par le M23. Ses propos, bien que visant à encourager la cohésion nationale, sont perçus comme une violation des directives des autorités.

Le lendemain, elle est convoquée par sa hiérarchie pour fournir des explications. Elle reçoit un blâme et pense que l’incident est clos. Cependant, le 26 février, alors qu’elle quitte le pays pour la Belgique, elle apprend qu’elle est recherchée par les services de renseignement et de sécurité.
Accusations et menaces
Les autorités l’accusent d’avoir eu connaissance de l’offensive du M23 avant son déclenchement. Elles s’interrogent sur la manière dont elle a pu annoncer l’envahissement du territoire.
De plus, son identité est remise en question. Certains responsables la considèrent comme originaire de la communauté Banyamulenge à cause de son nom, ce qu’elle dément formellement. Ces soupçons renforcent son sentiment d’insécurité et la poussent à craindre un retour dans son pays natal.
Un exil forcé
Aujourd’hui en Belgique, Osiong Ampom Chimène tente de reconstruire sa vie tout en suivant de près l’évolution de la situation dans son pays. Elle dénonce une chasse aux sorcières contre les journalistes et les animateurs médiatiques, contraints à l’autocensure sous peine de poursuites.
Son histoire illustre une réalité plus large : la difficulté de l’exercice du journalisme dans un climat de tensions politiques et militaires. Elle espère que son cas attirera l’attention sur la nécessité de protéger les professionnels des médias et de garantir leur liberté d’expression.
