13 août 2026

Le territoire de Muanda, dans la province du Kongo-Central traverse l’une des périodes les plus sombres de son histoire. Braquages à répétition, assassinats, vols de motos, agressions armées et attaques ciblées contre les opérateurs économiques rythment désormais le quotidien d’une population qui vit dans la peur permanente. Une histoire digne d’une population qui ressemble à un étudiant non admis à la faculté de sécurité et en face des criminels qui se distinguent par des actes et ont la cote.

Chaque jour ou presque, des motocyclistes sont dépouillés de leurs motos, et leurs bourreaux brandissent se munissent d’armes pour commettre leur forfait.

Les victimes, impuissantes, voient leurs moyens de subsistance disparaître sans espoir de les récupérer.

Les cambistes et les grands commerçants devenus des cibles privilégiées

Les cambistes figurent parmi les premières victimes de cette criminalité grandissante. Installés dans différents coins de la cité, ils sont régulièrement attaqués et dépossédés de fortes sommes d’argent par des hommes armés qui semblent agir avec une facilité déconcertante.

Les grands commerçants évoluant dans le secteur des carburants ne sont pas non plus épargnés. Plusieurs d’entre eux sont victimes de braquages répétés, parfois en plein jour, provoquant un climat d’insécurité généralisée qui menace sérieusement les activités économiques de Muanda.

Une population qui ne croit plus aux enquêtes

Après chaque attaque, les services compétents annoncent l’ouverture d’enquêtes. Pourtant, aux yeux de nombreux habitants, celles-ci aboutissent rarement à des résultats concrets. Les auteurs de crimes continuent d’opérer, en revanche les victimes attendent toujours justice.

Cette succession de dossiers non élucidés nourrit une profonde frustration et alimente un sentiment d’abandon au sein de la population.

Des interrogations sur le fonctionnement des institutions

Face à cette recrudescence de la criminalité et à l’absence de résultats visibles, plusieurs habitants s’interrogent sur l’efficacité des services chargés de la sécurité et de la justice.

Certains vont jusqu’à évoquer de possibles complicités entre certains réseaux criminels et des acteurs institutionnels. À ce jour, ces accusations n’ont toutefois pas été établies par une décision de justice.

Qu’elles soient fondées ou non, ces suspicions traduisent surtout une crise de confiance profonde entre la population et les institutions censées garantir sa sécurité.

Police et services de sécurité sous le feu de critiques

La Police nationale congolaise ( PNC) ainsi que les autres services de sécurité présents à Muanda sont vivement critiqués pour leur incapacité à restaurer un climat de sérénité.
Malgré leur présence sur le terrain, les braquages, les assassinats et les vols continuent de se multiplier, laissant les habitants dans une inquiétude permanente.

Pour un nombre de citoyens, les dispositifs sécuritaires actuels ne répondent plus à l’ampleur de la menace.

L’État appelé à agir avant qu’il ne soit trop tard

Aujourd’hui, la population de Muanda lance un appel pressant aux autorités provinciales et nationales. Elle réclame un renforcement des dispositifs de sécurité, des enquêtes indépendantes et impartiales sur les crimes commis, des poursuites contre les auteurs et leurs éventuels complices si des preuves sont établies, ainsi qu’une réforme des mécanismes de lutte contre le banditisme.

Pour les habitants, l’heure n’est plus aux promesses. Ils attendent des actes forts afin que Muanda cesse d’être le théâtre quotidien de violences qui paralysent l’économie, détruisent des familles et installent la peur comme mode de vie.

David NTUMBA