12 décembre 2025

Un nouveau rapport de la Fondation Bill Clinton pour la Paix (FBCP) met en lumière la situation préoccupante des détenus dans les prisons de Makala et de Ndolo, à Kinshasa. Publié le 19 novembre et relayé par actualite.cd , le document, présenté par le coordonnateur Emmanuel Cole, dresse un état des lieux alarmant.

Selon les données recueillies, la prison militaire de Ndolo compte actuellement 2 339 détenus, parmi lesquels figurent 21 généraux des FARDC. Seuls deux ont été condamnés, tandis que les autres sont en détention préventive ou en attente d’un procès.

Chiffres clés de Ndolo (rapport 2025)

  • Effectif total : 2 339 détenus
  • Condamnés : 630
  • Détention préventive : 1 524
  • Inculpés : 190
  • Femmes : 44, dont 2 enfants
  • Civils : 45, dont 18 femmes
  • Policières : 1
  • Étrangères : 5
  • Généraux : 21, dont 2 condamnés
  • Décès de généraux : 2, corps non remis aux familles
  • Décès enregistrés à Ndolo (janvier–novembre 2025) : 3

À la prison centrale de Makala, les conditions restent tout aussi préoccupantes. En mars 2025, plus de 100 décès ont été documentés à la morgue de l’ex-hôpital Santorum de Selembao.

En mai, un regroupement d’organisations de défense des droits humains, dont Human Rescue et le Panel des Experts de la société civile, a exprimé ses inquiétudes concernant des arrestations jugées arbitraires visant des hauts gradés de l’armée.

Parmi les cas cités figurent le général de brigade Pierre Banywesize, arrêté alors qu’il devait être transféré à l’étranger pour des soins, et le général Banza Kabulo Joseph, interpellé à Kinshasa.

Les ONG dénoncent le manque de transparence entourant ces arrestations, la violation des garanties judiciaires, la détention dans des lieux inconnus, les risques de torture et les détentions prolongées sans jugement.

Les FARDC ont reconnu l’interpellation de certains officiers sans donner de noms. Le porte-parole de l’armée, le général-major Sylvain Ekenge, affirme que ces arrestations sont liées à des actes graves commis en toute conscience et non à des considérations communautaires. Il insiste sur la nécessité de laisser la justice militaire suivre son cours afin de préserver l’intégrité et la cohésion des Forces armées.

La rédaction