L’ex-président de la République démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila, et le gouverneur honoraire de l’ex- Katanga, Moïse Katumbi, deux figures emblématiques de l’opposition congolaise, se sont récemment rencontrés, le jeudi 26 décembre à Addis-Abeba en Éthiopie pour échanger sur la grave crise politique, sécuritaire et socio-économique que traverse leur pays. Cette rencontre intervient dans un contexte de tensions croissantes avec le régime du président Félix-Antoine Tshisekedi et marque une nouvelle étape dans la mobilisation de l’opposition contre ce qu’ils appellent la « dictature » du Gouvernement actuel. Aussi faire chorus pour dire non au changement de la Constitution du 18 février 2006.
Exilés depuis plusieurs mois, Joseph Kabila, ancien président, et Moïse Katumbi, leader du parti Ensemble pour la République, ont appelé à une « paix durable » et à une « unité nationale ». Dans un communiqué publié à l’issue de leur rencontre, les deux opposants ont exprimé leur inquiétude face à la détérioration des droits humains en RDC, soulignant que les droits fondamentaux des citoyens étaient actuellement « bafoués ». Ils ont également insisté sur la nécessité de restaurer la démocratie et l’État de droit, qui, selon eux, ont été remplacés par l’oppression et la dictature sous la Fatshiphère.
Le communiqué a également abordé la question de la sécurité nationale, alors que l’armée rwandaise et les terroristes du Mouvement du 23 mars (M23) contrôlent de plus en plus de territoires dans l’est du pays. Kabila et Katumbi ont fermement condamné la prolifération des forces illégales, y compris des mercenaires et des troupes étrangères, et exigé leur retrait immédiat du territoire congolais. Les deux opposants ont exprimé leur solidarité envers les populations congolaises, victimes des conséquences des choix politiques du gouvernement de Kinshasa.
Vivement un changement radical de politique interne
Ils ont également salué les efforts internationaux visant à ramener la paix en RDC, notamment les initiatives de Nairobi et de Luanda, mais ont insisté sur le fait que la paix durable ne pourrait être obtenue que par un changement radical de politique interne et le respect des droits des Congolais.
Une autre question centrale abordée lors de cette rencontre a été celle de la constitution de la RDC. Kabila et Katumbi se sont fermement opposés à toute tentative de réforme constitutionnelle qui, selon eux, viserait à établir une présidence à vie en RDC. Ils ont rappelé que le pouvoir est « locatif », avec un mandat limité par la constitution actuelle, et que toute modification visant à prolonger indéfiniment le mandat présidentiel serait un affront à la démocratie.
Il est à noter que, malgré leurs divergences politiques passées, ces deux figures de l’opposition se retrouvent aujourd’hui unies contre le pouvoir de Kinshasa. Cependant, des rumeurs persistantes, notamment des informations provenant des services de renseignement militaires, suggèrent que Kabila et Katumbi seraient impliqués dans des activités subversives visant à renverser le régime de Félix Tshisekedi, bien qu’ils n’aient jamais répondu publiquement à ces accusations.
La rencontre d’Addis-Abeba marque donc un tournant important dans la politique congolaise, avec un appel à l’unité et à la résistance face à un régime qu’ils jugent de plus en plus autoritaire. Kabila et Katumbi continuent de jouer un rôle clé dans la dynamique de l’opposition congolaise.
Cumulard.cd
