Pour la première fois depuis l’ouverture de son procès à la Haute Cour militaire de Kinshasa, l’ancien président et sénateur à vie Joseph Kabila s’est exprimé ce 2 septembre dans une tribune accordée à Jeune Afrique.
Il dénonce un procès « qui n’a rien à voir avec la justice », mais plutôt une tentative « de réduire l’opposition au silence et d’écarter un acteur politique majeur de la scène nationale ».
Kabila estime que ces poursuites, combinées aux arrestations de nombreux officiers supérieurs, traduisent « les symptômes d’une crise plus profonde de leadership, de justice et d’orientation nationale ».
Il accuse le régime de mener des purges politiques :
« Au cours des quatre dernières années, près de soixante officiers supérieurs ont été arrêtés et détenus sans procès. Certains sont morts en prison à la suite de tortures… Le régime affaiblit les FARDC, mine le moral des troupes et menace la sécurité de l’État. »
L’ancien chef de l’État va plus loin, dénonçant « les fausses accusations de trahison » qui serviraient, selon lui, à détourner l’attention « de la corruption, du tribalisme et du pillage des provinces riches en minerais ».
Il appelle à un véritable dialogue national :
« La réconciliation ne sera pas obtenue par des procès sélectifs. Elle exige un dialogue authentique, réunissant toutes les parties prenantes. »
Enfin, il met en garde la communauté internationale :
« Les procès et arrestations en cours n’ont rien à voir avec la justice. Ils visent à consolider un pouvoir et à éliminer l’opposition. »
Et de conclure :
« L’histoire ne nous jugera pas sur les accusations que nous nous lançons, mais sur le courage à unir le peuple congolais et répondre à ses véritables besoins. »
Assiyah Tshamunyongue
