La publication d’une tribune de Joseph Kabila appelant au dialogue a suscité une riposte immédiate du gouvernement congolais. L’ancien président, resté longtemps discret, reproche à son successeur Félix Tshisekedi de refuser toute ouverture politique.
Mais à Kinshasa, le ton est monté. Le ministre de l’Intérieur, Jacquemain Shabani, a rejeté l’initiative de l’ancien chef de l’État, l’accusant d’être lié aux violences qui ravagent l’Est du pays. « Vous ne pouvez pas tuer des milliers de Congolais, provoquer le déplacement de millions de personnes et laisser des populations entières vivre dans des conditions inimaginables à Goma… puis parler de dialogue », a-t-il lancé lors d’un briefing presse organisé le 2 septembre aux côtés de son collègue Patrick Muyaya.
Pour le gouvernement, Joseph Kabila est présenté comme le « parrain » du mouvement rebelle M23-AFC, appuyé par l’armée rwandaise, dont les offensives ont endeuillé le Nord-Kivu et le Sud-Kivu. « Dans cette crise, vous êtes le chef de guerre », a insisté Jacquemain Shabani.
Cette passe d’armes marque une nouvelle étape dans la confrontation politique entre Kinshasa et son ancien dirigeant, au moment où la guerre de l’Est continue de peser lourdement sur la population congolaise.
