Réunis ce lundi 09 février à Luanda, plusieurs dirigeants africains ont lancé un appel pressant à un cessez-le-feu immédiat en République démocratique du Congo (RDC) et ont confié à l’Angola un mandat clé pour relancer le dialogue intercongolais, dans l’objectif de favoriser une sortie durable de la crise sécuritaire et politique qui secoue le pays, en particulier sa partie orientale.
La rencontre s’est tenue sous l’égide de João Lourenço, président de la République d’Angola et président en exercice de l’Union africaine. Elle a réuni Félix Tshisekedi, président de la RDC, Faure Essozimna Gnassingbé, président de la République togolaise et médiateur désigné par l’Union africaine, ainsi qu’Olusegun Obasanjo, représentant les cinq anciens chefs d’État africains mandatés comme facilitateurs du processus de paix en RDC.
À l’issue des échanges, un communiqué conjoint, signé à Luanda et rendu public par la Présidence angolaise, fait état de trois décisions majeures.
Premièrement, les dirigeants africains ont appelé l’ensemble des parties en conflit à déclarer un cessez-le-feu immédiat. La date et l’heure de son entrée en vigueur devront être fixées d’un commun accord. Ils ont également exhorté les acteurs concernés à accélérer la mise en œuvre des mécanismes de vérification du cessez-le-feu arrêtés lors des discussions de Doha du 14 octobre 2025, afin d’en garantir l’effectivité sur le terrain.
Deuxièmement, l’Angola s’est vu confier le mandat d’engager des consultations avec toutes les parties congolaises concernées. Cette mission vise à créer les conditions nécessaires à l’organisation d’un dialogue intercongolais inclusif, appelé à traiter les causes profondes du conflit et à jeter les bases d’une paix durable.
Troisièmement, les participants ont rappelé leur attachement aux engagements pris dans le cadre de l’accord de Washington du 4 décembre 2025, ainsi qu’aux résolutions 2773 (2025) et 2808 (2025) du Conseil de sécurité des Nations unies. Ces textes portent notamment sur le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais et la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).
Ce nouveau cadre de concertation marque une étape supplémentaire dans les efforts diplomatiques régionaux pour stabiliser la RDC. Il intervient dans un contexte sécuritaire toujours préoccupant dans l’est du pays, où les violences armées continuent de provoquer des déplacements massifs de populations et une grave crise humanitaire.
Les regards restent désormais tournés vers la mise en œuvre concrète de ces engagements et vers la capacité des acteurs impliqués à traduire les déclarations politiques en avancées tangibles sur le terrain.
La rédaction
