8 mars 2026

Kinshasa, mardi 10 février 2026 – Le bidonville de Pakadjuma, dans la commune de Limete, s’est réveillé ce mardi dans un climat de violences extrêmes. Des tirs à balles réelles, des affrontements entre groupes de jeunes et des actes de pillage ont plongé le quartier et ses environs, notamment Kingabwa, dans une situation de forte instabilité.

Selon des témoignages concordants recueillis sur place, plusieurs coups de feu ont été entendus dès les premières heures de la matinée, provoquant un mouvement de panique généralisé parmi les habitants. Des éléments armés ont fait usage de munitions réelles, forçant de nombreux riverains à fuir pour se mettre à l’abri.

Le bilan provisoire fait état d’au moins trois personnes tuées par balles, ainsi que de plusieurs blessés, dont certains touchés par armes blanches. Des sources locales indiquent que des civils ont été atteints alors qu’ils tentaient d’échapper aux violences.

Infiltration de groupes Kuluna et accusations graves

La mobilisation, initialement déclenchée par le mécontentement des populations affectées par les démolitions récentes d’habitations et l’absence de mesures sociales d’accompagnement, a rapidement dégénéré. Des groupes de jeunes délinquants, communément appelés Kuluna, se seraient infiltrés dans la manifestation, transformant la contestation en affrontements violents.

Des machettes et des couteaux ont été signalés, et plusieurs agressions ciblées ont été rapportées. Plus préoccupant encore, des habitants affirment que certains groupes armés bénéficieraient de la protection ou du soutien d’éléments incontrôlés issus des forces de sécurité. Ces accusations, encore non confirmées officiellement, renforcent la méfiance et la colère au sein de la population locale.

Pakadjuma, foyer d’une crise sociale persistante

Déjà fragilisé par la pauvreté chronique et les opérations de démolition, Pakadjuma apparaît aujourd’hui comme l’épicentre d’une crise sociale explosive. Les habitants dénoncent une répression jugée brutale et réclament des solutions concrètes : relogement, indemnisation et ouverture d’un dialogue avec les autorités.

« On nous chasse, on tire sur nous, mais personne ne nous écoute », témoigne un résident, encore sous le choc après les événements de la matinée.

À Kingabwa, une station-service a été vandalisée et pillée, illustrant l’effondrement momentané de l’ordre public. Par mesure de sécurité, plusieurs entreprises et commerces situés autour de Pakadjuma ont suspendu leurs activités, obligeant de nombreux employés à quitter précipitamment la zone.

Malgré la présence visible des forces de l’ordre, la situation demeure extrêmement tendue. Les habitants redoutent une reprise des violences, alors que les appels au calme et à une réponse sociale urgente se multiplient.

La rédaction