17 décembre 2025

Le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Gombe a rendu son verdict, ce mercredi 29 octobre 2025, dans une affaire qui a enflammé les réseaux sociaux : l’adjudante Sarah Ebabi, connue sur TikTok sous le pseudonyme @ebadjara, a été condamnée à 12 mois de servitude pénale assortis d’un sursis pour non-respect des consignes militaires.

Âgée de 29 ans, la sous-officière préparait tranquillement son mariage lorsqu’elle a décidé de réaliser une séance photo « save the date ». Sur les clichés publiés sur Facebook, on la voit poser fièrement dans son uniforme militaire, un geste qui lui a valu d’être interpellée puis jugée en flagrance.

Pour l’accusation, ce comportement constituait une atteinte à la discipline militaire et un usage inapproprié des insignes de l’armée. Le ministère public avait d’ailleurs requis une peine particulièrement sévère de 10 ans de servitude pénale principale.

Contre toute attente, la cour a retenu des circonstances atténuantes, estimant que la jeune femme n’avait pas agi avec une intention de nuire, mais plutôt par inconscience des règles de rigueur militaire. Elle a donc été condamnée à 12 mois de servitude pénale avec sursis, évitant ainsi la prison ferme.

Lors de sa prise de parole à la barre, Sarah Ebabi a exprimé sa reconnaissance envers l’armée et son attachement au service, rappelant qu’elle servait « avec cœur et passion depuis l’âge de 19 ans »

Cette décision a suscité un débat animé sur les réseaux sociaux. Certains internautes ont salué une sanction jugée juste et proportionnée, tandis que d’autres y voient un règlement de comptes ou une application trop rigide du règlement militaire.

Au-delà du cas individuel de Sarah, l’affaire soulève une question plus large : jusqu’où les militaires peuvent-ils s’exprimer ou se montrer sur les réseaux sociaux sans enfreindre leur devoir de réserve ?

Un sujet sensible à l’heure où la frontière entre vie privée et devoir professionnel devient de plus en plus floue dans l’ère numérique.

Emerode Kamba