20 janvier 2026

© UNICEF

Le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) a tiré la sonnette d’alarme, dans un rapport publié ce mercredi 26 février 2024, face à l’augmentation des violences contre les enfants dans l’Est de la République démocratique du Congo. Ce rapport met en lumière des violations graves des droits des enfants à Goma, chef-lieu de la province du Nord-Kivu, où des cas de violences sexuelles et de recrutement d’enfants ont été recensés.

Depuis l’escalade des conflits le 24 janvier dernier, les chiffres sont alarmants. Selon l’UNICEF, les violences sexuelles ont plus que doublé, les enlèvements ont été multipliés par six, et les meurtres et mutilations d’enfants ont augmenté de sept fois. Pire encore, les attaques contre les écoles et les hôpitaux ont explosé, avec une multiplication par douze.

« Nous appelons urgemment toutes les parties au conflit à mettre immédiatement fin à ces violations graves et intolérables des droits des enfants. Le conflit déchire les familles, entraîne une insécurité généralisée et compromet les progrès réalisés ces dernières années. Les enfants vulnérables, y compris ceux qui vivent dans la rue, nous disent qu’ils ont peur pour leur vie », a déclaré Jean-François Basse, représentant par intérim de l’UNICEF en RDC.

Selon l’agence onusienne, l’escalade de la violence dans l’Est de la RDC a provoqué l’effondrement des services essentiels. Des milliers d’écoles sont restées fermées, des enfants ont été séparés de leurs familles, et le manque de services de sécurité et de justice, combiné aux combats, au dépeuplement des prisons et à la prolifération des armes, expose particulièrement les enfants à des risques accrus.

L’UNICEF rapporte également qu’elle travaille à réunir les enfants non accompagnés avec leurs familles dans l’Est de la RDC. Depuis la récente escalade de la violence, 1 200 enfants ont été identifiés, dont 720 ont été réunis avec succès avec leurs proches.

Par ailleurs, dans le cadre de la recherche de solutions à ces violences, l’agence de l’ONU affirme avoir engagé un dialogue avec les autorités pour privilégier des réponses humanitaires plutôt que coercitives, et éviter la criminalisation des enfants. L’UNICEF exhorte toutes les parties prenantes au conflit à prendre des mesures concrètes pour protéger les civils, notamment les enfants, conformément au droit international humanitaire.

« Nous ne devons pas rester les bras croisés pendant que cette violence horrible persiste. Les auteurs doivent également répondre de leurs actes si l’on veut mettre fin au cycle d’impunité concernant les violations graves commises contre les enfants en RDC », a conclu Jean-François Basse.

Il est à noter que depuis 2012, les Nations Unies, en collaboration avec le gouvernement congolais, ont signé un plan d’action visant à mettre fin au recrutement et à l’utilisation d’enfants, ainsi qu’à d’autres violations graves, notamment les violences sexuelles. Depuis janvier 2025, l’UNICEF et ses partenaires ont contribué à la sélection de 5 639 recrues potentielles, dont 302 femmes et filles à travers le pays, et ont identifié 63 enfants, dont 12 filles, pour les réunir avec leurs familles.

Nervy Kadiebue