La région des Grands Lacs entre dans une nouvelle phase avec l’arrivée d’Évariste Ndayishimiye à la présidence de l’Union africaine ( UA). Cette nomination rassure la République démocratique du Congo ( RDC) et inquiète le Rwanda.
Surnommé « Neva », le président burundais est un ancien chef rebelle devenu chef d’État. Né en 1968 à Giheta, il rejoint la rébellion pendant la guerre civile burundaise après les violences de 1995. Il fait carrière au sein du CNDD-FDD, puis intègre l’armée nationale après les accords de paix de 2003.
Proche de Pierre Nkurunziza, il devient président en 2020. Après la mort soudaine de Nkurunziza, il s’impose progressivement avec son propre style.
Sous sa présidence, le Burundi renforce sa coopération militaire avec la RDC. Des troupes burundaises sont déployées dans l’Est du Congo contre des groupes armés comme le Mouvement du 23 mars (M23), dans le cadre des efforts régionaux de la Communauté d’Afrique de l’Est ( EAC).
Cette position rapproche Bujumbura de Kinshasa et tend davantage ses relations avec Kigali, accusé de soutenir des groupes rebelles hostiles au Burundi.
À la tête de l’UA, Ndayishimiye dispose désormais d’une tribune continentale. Il peut influencer les discussions sur la crise sécuritaire dans l’Est de la RDC.
Pour Kinshasa, c’est un atout diplomatique. Pour Kigali, un défi supplémentaire.
Emerode Kamba
