11 mai 2026

La République démocratique du Congo (RDC) a réalisé, jeudi 9 avril 2026 à Paris, en France, sa première émission d’eurobonds, mobilisant 1,25 milliard de dollars américains sur les marchés financiers internationaux. Cette opération marque une étape majeure dans la stratégie de financement du pays et son entrée dans le cercle des États africains actifs sur les marchés de capitaux, indique un communiqué du ministère des Finances publié sur X.

Structurée en deux tranches de maturités de 5 et 10 ans, l’émission s’inscrit dans la volonté des autorités congolaises de diversifier leurs sources de financement, au-delà des appuis budgétaires classiques et des prêts concessionnels. Elle intervient dans un contexte de recherche accrue de ressources pour soutenir les investissements publics.

Un eurobond est une obligation émise en devise étrangère, généralement en dollar américain, permettant à un État d’emprunter directement auprès d’investisseurs internationaux tels que les banques et les fonds d’investissement, avec un remboursement assorti d’intérêts sur une période définie.

À en croire le ministère, les taux d’intérêt ont été fixés à 8,75 % pour la tranche à 5 ans et à 9,50 % pour celle à 10 ans. Des niveaux qui traduisent à la fois le risque associé au pays et l’attractivité du rendement proposé sur les marchés internationaux.

Le succès de cette première opération reflète l’intérêt des investisseurs pour la signature congolaise, dans un contexte marqué par des efforts de stabilisation macroéconomique et d’amélioration du climat des affaires. Les autorités avaient initialement envisagé une mobilisation plus importante avant d’ajuster leur stratégie aux conditions du marché.

Les fonds levés devraient être orientés vers le financement de projets structurants, notamment dans les secteurs des infrastructures, de l’énergie et des transports, considérés comme essentiels pour soutenir la croissance économique du pays.

Toutefois, le recours aux eurobonds expose la RDC à des risques liés notamment aux fluctuations des taux de change notamment l’échelle nationale et impose une gestion rigoureuse de la dette publique. Cette première émission ouvre néanmoins une nouvelle phase dans la politique d’endettement du pays, entre opportunités de financement et exigences accrues de discipline budgétaire.

Nervy Kadiebue