Alors que la scène politique congolaise demeure sous haute tension, l’option d’un dialogue politique inclusif “version Luanda” suscite de nombreuses interrogations. Selon plusieurs sources diplomatiques, cette initiative serait portée par l’ancien président Joseph Kabila, avec l’appui d’une frange de l’opposition, dans un contexte marqué par une profonde crise de confiance entre les acteurs politiques.
Les états-majors politiques sont en ébullition depuis les récents déplacements du président Félix Tshisekedi à Luanda. Médias et cercles politiques s’agitent autour de l’idée d’un dialogue inclusif censé apaiser la crise politique persistante en République démocratique du Congo. Toutefois, derrière les projecteurs, la réalité apparaît plus complexe.
D’après des sources diplomatiques jugées fiables, l’évocation d’un dialogue inclusif à Luanda relèverait davantage de la fiction politique que d’un processus réellement engagé. Les informations qui circulent seraient le fruit d’une campagne orchestrée par Joseph Kabila, appuyée par certains relais médiatiques. Le site LeJour.net affirme notamment que l’ancien chef de l’État aurait personnellement effectué un déplacement à Luanda, tandis que d’autres sources évoquent l’envoi d’émissaires, dont Raymond Tshibanda et Moïse Nyangabo, auprès des autorités angolaises.
Du côté de l’Union africaine, le président João Lourenço n’aurait, selon ces mêmes sources, formulé aucune proposition officielle en faveur d’un tel dialogue. À Kinshasa, le gouvernement congolais reste ferme : le dialogue politique a déjà produit un cadre à travers l’Accord de Washington et le processus de Doha, jugés suffisants pour baliser la voie vers la stabilité.
La situation se complique davantage avec le cas de Moïse Katumbi, dont le retour au pays demeure conditionné par des démarches administratives jugées non conformes. Le président Tshisekedi a rappelé que nul ne peut rentrer en RDC sans documents valides, insistant sur le respect de la légalité.
Sur le plan sécuritaire, Kinshasa insiste sur l’urgence de mettre fin à l’agression rwandaise et aux activités de l’AFC/M23, estimant qu’un dialogue politique interne ne saurait se tenir pendant qu’une partie du territoire reste occupée. Les autorités congolaises dénoncent également les tentatives de récupération politique visant à masquer des agendas personnels.
En définitive, si certains acteurs continuent de brandir l’idée d’un dialogue imminent à Luanda, les observateurs avertis estiment que la méfiance demeure profonde. Entre calculs politiques, pressions diplomatiques et enjeux sécuritaires majeurs, la perspective d’un dialogue inclusif consensuel semble, pour l’instant, encore loin de se transformer en réalité.
avec AfricanewsRDC
