8 février 2026

Le Programme de développement local des 145 territoires (PDL-145T), lancé en 2021 par le président de la République, Félix Tshisekedi, devait constituer un tournant majeur dans la réduction des inégalités territoriales en République démocratique du Congo. Pensé comme un levier de désenclavement et de relance des économies locales, ce programme ambitieux fait aujourd’hui face à de sérieuses difficultés qui suscitent inquiétudes et débats au sein de la classe politique.

Christian Mwando, ancien ministre d’État au Plan et fin connaisseur des politiques de développement, a récemment tiré la sonnette d’alarme sur l’état d’avancement du PDL-145T. Selon lui, le programme souffre de retards d’exécution, d’un manque de coordination entre les structures chargées de sa mise en œuvre et de décisions budgétaires qui compromettent son efficacité sur le terrain.

L’ancien ministre déplore notamment un faible taux de décaissement des fonds prévus, alors que les besoins restent immenses dans les territoires. Plusieurs projets, dont la construction d’écoles, de centres de santé et d’infrastructures routières rurales, peinent à être achevés, laissant les populations locales dans l’attente de résultats concrets promis lors du lancement du programme.

Pour Christian Mwando, l’une des principales causes de ces difficultés réside dans un glissement des priorités vers des projets urbains coûteux, au détriment des zones rurales qui constituent pourtant le cœur du PDL-145T. Il estime que cette orientation affaiblit la portée sociale du programme et accentue les déséquilibres régionaux qu’il devait précisément corriger.

Face à cette situation, il appelle à une redéfinition urgente des priorités, fondée sur une exécution rigoureuse des budgets votés et un recentrage sur les infrastructures de base à fort impact social, telles que les routes de desserte agricole, l’accès à l’eau potable et l’électrification rurale. Il plaide également pour une meilleure coordination entre les agences d’exécution afin d’améliorer l’efficacité des interventions.

Alors que le PDL-145T demeure un instrument stratégique pour le développement local et la cohésion nationale, la mise en garde de Christian Mwando interpelle les autorités publiques. L’enjeu est désormais de savoir si ce programme pourra retrouver sa vision initiale et répondre aux attentes des populations des 145 territoires, ou s’il risque de devenir un symbole de promesses inachevées.