Le rond point Kintambo-Magasin brille aux éclats : hygiène, ordre et propreté sur fond de discipline à l’allure d’une leçon est bien dispensée à qui veut l’entendre.
Une métamorphose en seulement deux jours due au coup de force et de balai des éléments du Service national (task force de la présidence de la République )qui ont érigé domicile, sur terrain. Constat fait, ce mercredi 29 juillet dans l’après-midi.

Hygiène, ordre et propreté, telle une leçon, un cours d’initiation des encadreurs aux enfants. Cette approche est d’actualité et pose ses tentacules dans la première commune de l’ex-Léopoldville, ” Léo II”.
” Aux grands maux, les grands remèdes“, dit-on. Cet adage vaut son pesant d’or en RDC et surtout à Kinshasa, où la population en général est non seulement réputée têtue mais aussi et surtout sait que les grandes mesures prises par les autorités politico-admistratives souffrent de suivi.
Les éléments du Service national vêtus de leurs blouses bleues teintées d’écrits en jaune sont dispatchés au célèbre carrefour Kintambo-Magasin et ses environs. Conséquence immédiate : Le capharnaüm qui règne dans ce lieu, laisse place à un espace aéré et confortable.
À première vue, plus de vague de saletés comme avant: sachets, papiers, bidons en plastique sont hors de la chaussée.
D’un côté, les motocyclistes mieux connu sous le nom de :” Wewa” sont rangés un peu loin de leur milieu naturel, de l’autre, les chauffeurs de taxi sont casés dans une ligne droite.
À l'heure de l'écoute
Des militaires sur place donnent de strictes consignes aux chefs de parking et aux chauffeurs. Les concernés sont à l’écoute et son prévenus pareil pour les conducteurs.
” Le parking doit être aéré. Les chauffeurs de la ligne Lemba ont leur ligne, ceux de la ligne huilerie ont la leur. Il faudrait bien structurer les choses, vous avez de l’expérience dans votre travail mais l’ordre d’arrivée doit être de mise, pas de désordre sur fond de clientélisme, favoritisme ou parce que vous avez reçu de l’argent. Au cas contraire, vous serez également sanctionné au même titre que ceux qui jettent des papiers, sachets, bidons en plastique et autres objets sur la voie publique. Organisez-vous “, a dit d’un ton ferme un haut gradé militaire entouré des éléments du SN.
Hymne à la joie
Une mesure qui suscite la joie de certains passagers et habitants de la commune de Kintambo, à l’instar d’un peintre, la quarantaine révolue, rencontré sur place.
” Je suis très heureux de cette initiative de nos dirigeants.Plusieurs Kinois sont peu soucieux voire inconscients de l’environnement au quotidien.
La question de salubrité est une affaire de tout le monde. Comment en âme et conscience, peut-on jeter le bidon d’eau, de jus en plastique, le sachet sur la place publique ? C’est inadmissible. Les Wewa se permettent presque tout comme s’ils étaient des héritiers de ce pays“, a-t-il déclaré tout en interpellant chaque citoyen.
Un changement de dispositif et une route dégagée
Les vendeuses et vendeurs à la sauvette ne sont pas non plus épargnés par cette opération de coup de balai visant à rendre de nouveau Kinshasa, belle et résoudre également tant soit peu le problème des embouteillages.
C’est un véritable changement de dispositif pour eux comme l’opère un fin tacticien dans le domaine du football. En effet, ils doivent désormais se conformer à “la normalité” loin de toute “anormalité” qui s’est érigée en système. Désormais ils vendent loin de la voirie.
L’ image d’une route dégagée est également visible jusqu’au niveau de l’arrêt Quado et en face de l’arrêt où les usagers de la route prennent le tronçon menant jusqu’à St Luc dans la commune de Ngaliema.
Wait and See
Kinshasa, ville cosmopolite de plus de 15 millions d’habitants a perdu sa plus belle robe depuis des lustres. Plusieurs opérations d’assainissement d’envergure ont été annoncées tambour battant sous Kabila ( Joseph ) et Tshisekedi par des gouverneurs de la ville qui se sont succédé mais sans récolter des résultats escomptés.
Le Service national sous la houlette du Général Jean-Pierre Kasongo Kabwik ne cesse de bouger les lignes dans le domaine agricole et du génie militaire avec la fabrication des bancs.
Place maintenant au très sensible secteur de la salubrité. Tous les yeux des Kinois sont rivés sur cette structure. Entre scepticisme et optimisme, il n’y a qu’un pas. L’ équilibre entre les deux tendances connaîtra sans doute dans le bout du tunnel pour évaluer.
Seul le temps, encore le temps et toujours le temps qui en déterminera l’issue.
À “cet instant” mieux, en ce “temps” précis, au pays de la rumba, laissons savourer ” Le Temps”.
Cet opus de l’immense artiste, Fally Ipupa a sa raison de résonner dans les grandes artères de Kinshasa, y compris dans ses caniveaux avec le Service national.
Question de sortir du précipice de la saleté cette capitale. ” Botikela Service national temps! les heures et les airs de saveur.
Nesta KGB
