Martin Fayulu maintient la pression sur le pouvoir de Félix Tshisekedi. Réagissant à l’ordonnance présidentielle instituant le Comité d’organisation préliminaire du Dialogue national pour la paix, la cohésion et la refondation de l’État, le président de l’ECiDé conteste le format retenu par le Chef de l’État et confirme la marche de la Coalition Article 64 (C64), prévue ce mardi 15 septembre 2026 à Kinshasa.
L’ordonnance présidentielle, lue dimanche 13 septembre par la porte-parole du Chef de l’État, Tina Salama, institue un comité chargé notamment de préparer les conditions matérielles, logistiques et sécuritaires nécessaires à la mise en place de la future commission préparatoire du dialogue. Le processus annoncé par Félix Tshisekedi doit débuter par des consultations dans les 26 provinces avant les assises nationales à Kinshasa.
Une formule que Martin Fayulu continue de rejeter. Pour l’opposant, les consultations populaires ne peuvent pas remplacer un véritable dialogue national inclusif et souverain. Il réclame un cadre réunissant les différentes composantes de la nation afin de traiter, selon lui, les causes profondes de la crise congolaise, notamment la guerre dans l’Est, la crise institutionnelle, la corruption et le tribalisme.
« Nous confirmons la marche demain, mardi 15 septembre. Nous serons au Palais du Peuple et nous appelons ça la rentrée populaire », a déclaré Martin Fayulu.
Le leader de l’ECiDé affirme que cette mobilisation vise notamment à s’opposer à toute modification de la Constitution susceptible, selon lui, d’ouvrir la voie à un troisième mandat de Félix Tshisekedi.
« Nous n’accepterons jamais le changement de la Constitution. Nous n’accepterons jamais le troisième mandat, que ce soit de Félix ou de qui que ce soit dans ce pays », a-t-il martelé, appelant les Kinois à se rendre au Palais du Peuple à partir de 9 heures.
Sur ce point, Fayulu s’appuie sur les dispositions de la Constitution congolaise. L’article 70 fixe le mandat présidentiel à cinq ans, renouvelable une seule fois, tandis que l’article 220 rend notamment intangibles le nombre et la durée des mandats présidentiels.
La C64, qui réunit notamment Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga, avait déjà annoncé cette mobilisation pour le 15 septembre. La coalition affirme vouloir défendre l’ordre constitutionnel et s’opposer à toute initiative de révision ou de changement de la Constitution pouvant conduire à un troisième mandat.
La date de la marche coïncide avec la rentrée parlementaire de septembre. À Kinshasa, les manifestants de la C64 prévoient de converger vers le Palais du Peuple, siège du Parlement, pour interpeller les députés et les sénateurs sur la question constitutionnelle. La coalition a officiellement saisi l’Hôtel de Ville de Kinshasa le 11 septembre pour notifier sa manifestation.
Fayulu affirme également que la mobilisation ne se limitera pas à Kinshasa. « Nous ferons de même dans plusieurs provinces de la RDC », a-t-il annoncé.
L’opposant oppose ainsi deux visions du processus en cours : d’un côté, le pouvoir qui présente les consultations provinciales comme la première étape d’un dialogue national destiné à rechercher des solutions aux crises du pays ; de l’autre, la C64 qui estime que le préalable doit être un dialogue véritablement inclusif, et non une succession de consultations populaires.
Alors que le Comité d’organisation préliminaire vient d’être institué par ordonnance présidentielle, le bras de fer politique autour du format du dialogue et de l’avenir institutionnel de la RDC devrait donc connaître un nouveau tournant avec la mobilisation annoncée ce mardi 15 septembre.
