17 décembre 2025


‎Le tribunal militaire de garnison de Kinshasa-Gombe a rendu, mercredi 26 novembre 2025, son verdict dans le dossier du braquage manqué de l’agence RawBank situé à la place Victoire. Honorine Porsche Mukuna Onake a été condamnée à 10 ans de servitude pénale principale pour vol à main armée et terrorisme.

‎En plus de la peine de prison, la Cour lui ordonne de verser 100 000 USD à RawBank et 5 000 USD à la partie civile Bijoux Bidor à titre de dommages et intérêts. La confiscation d’un jouet en forme d’arme au profit de l’État et la restitution de son passeport allemand ont également été ordonnées.

‎Quatre prévenus — le commissaire adjoint Molo Likombi César, le sous-commissaire Kashama Anderson, ainsi que deux agents de gardiennage, Katompa Bukasa et Kingambo Wa Kingambo Nordin — ont été acquittés, le tribunal estimant que les charges n’étaient pas suffisamment établies. Deux accusés en cavale, Benjamin et Kapi, jugés par défaut, ont aussi été acquittés.

‎Une affaire marquée par un choc médiatique et des zones d’ombre

‎Le 16 octobre 2025, une tentative de braquage avait été déjouée à l’agence RawBank situé au rond-point Victoire, l’un des lieux les plus fréquentés de la capitale. Honorine Porsche, qui se présentait comme ressortissante allemande d’origine congolaise, avait été arrêtée sur place. Des vidéos largement diffusées montraient la prévenue blessée et partiellement dévêtue, provoquant une vague d’indignation sur les violations possibles des droits humains.

‎Lors de sa première comparution, Honorine Porsche avait nié toute complicité, mais elle a ensuite reconnu avoir agi seule, évoquant des difficultés financières importantes, des dettes en Allemagne et la charge de ses quatre enfants.

‎Le parquet militaire avait requis la servitude pénale à perpétuité, présentant Honorine Porsche comme « l’instigatrice » du braquage, et demandait la peine de mort pour ses co-accusés. La défense, elle, a présenté un rapport psychiatrique indiquant des troubles mentaux sévères, dont une dépression, plaidant la non-imputabilité. Les avocats des co-accusés ont souligné que leurs clients ne faisaient que remplir leurs fonctions et qu’aucune preuve ne les reliait directement à la planification du braquage.

‎Cette affaire, mêlant enjeux de sécurité, droit pénal militaire et droits de la personne, reste symbolique et sensible. Les parties peuvent encore envisager des voies de recours, notamment un appel.

‎Nervy Kadiebue