16 janvier 2026

Alors que le football congolais masculin comme féminin manque cruellement de moyens, le gouvernement congolais semble prêt à franchir un nouveau cap dans ses investissements à l’étranger. Selon plusieurs sources, un contrat de près de 14 millions d’euros serait en cours de finalisation entre le Ministère du Tourisme et le club italien de l’AC Milan, pour faire apparaître le slogan “Peace in DRC, Heart of Africa ” sur les maillots du club.

Après la signature très controversée d’un contrat de 4,8 millions d’euros avec l’AS Monaco, c’est désormais l’AC Milan qui s’apprête à recevoir un soutien de l’État congolais, à travers un accord en cours de finalisation par le Ministère du Tourisme. L’objectif : inscrire le slogan « Peace in DRC, Heart of Africa » sur les maillots du club italien. Une stratégie de visibilité, certes, mais en totale contradiction avec la réalité du terrain.

LINAFOOT en détresse, football féminin ignoré

Sur place, la LINAFOOT peine à fonctionner, avec des clubs qui manquent de moyens pour se déplacer, s’équiper ou simplement s’entraîner. Les infrastructures sont obsolètes.

Le championnat national féminin, qui se joue actuellement à Lubumbashi, se déroule dans des conditions précaires, sans véritable soutien de l’État ni accompagnement logistique. Les équipes se débrouillent comme elles peuvent, sans visibilité ni reconnaissance, malgré la qualité croissante du football pratiqué.

Et pendant ce temps, l’équipe nationale féminine senior, en pleine préparation pour la CAN Maroc 2024, attend toujours plus de dix primes impayées. Comment motiver des athlètes à défendre les couleurs du pays, quand celui-ci ne respecte même pas ses engagements financiers les plus élémentaires ?

Des millions pour l’Europe, des miettes pour les nôtres

Peut-on vraiment prétendre promouvoir l’image de la RDC à travers le sport, quand ce sport est abandonné à lui-même dans le pays ? Le contraste est saisissant : des millions d’euros pour Monaco et Milan, pendant que les joueuses de l’équipe nationale accumulent les mois sans être payées, et que les championnats locaux survivent dans le silence et l’indifférence.

L’image d’un pays ne se construit pas sur des pelouses étrangères. Elle se bâtit dans les efforts quotidiens de ses talents locaux, dans le soutien à sa jeunesse, dans l’investissement dans ses propres structures sportives.

Un cri d’alerte venu du terrain

Le football congolais ne manque pas de passion, ni de talents. Il manque de volonté politique, de planification et de financement durable. Les clubs, les ligues, les joueuses et joueurs n’attendent pas des campagnes publicitaires à l’étranger, mais des actes concrets ici, chez eux.

Financer la LINAFOOT, soutenir le championnat féminin, honorer les primes des Léopards Dames : voilà des mesures simples, patriotiques, urgentes.

L’État congolais doit choisir. Continuer à financer l’image au détriment du contenu ? Ou enfin investir dans le cœur battant du sport national, celui qui rassemble, élève et donne espoir.