Après les partenariats controversés avec l’AS Monaco et l’AC Milan, un nouveau dossier agite l’opinion publique congolaise. Didier Budimbu, ministre des Sports et Loisirs, vient de conclure un accord avec le FC Barcelone pour un montant de 10 millions d’euros par an, payé par l’État congolais.
Selon un document du ministère des Finances ayant fuité, la RDC a déjà versé l’intégralité de la somme pour la saison 2025-2026. En échange, le club espagnol s’engage à afficher le slogan « RDC, cœur de l’Afrique » sur la manche de ses maillots officiels. Une opération de marketing international qui marque un deuxième coup médiatique de Budimbu, après celui avec l’AS Monaco (4,8 millions d’euros), et précédé par l’AC Milan (14 millions d’euros).
Une stratégie extérieure qui irrite à l’intérieur
Si l’objectif de faire rayonner la RDC à l’international peut paraître légitime, ce choix choque une grande partie de la population, surtout en raison de la situation catastrophique du sport national.
- Le championnat local, la LINAFOOT, est à l’arrêt depuis plusieurs mois, faute de moyens.
- Les clubs congolais manquent de financement et de soutien de l’État, alors qu’ils participent régulièrement aux compétitions continentales.
- Les Léopards dames, en pleine CAN, ont été obligées de menacer de faire grève pour percevoir la moitié de leurs primes, sans avoir reçu les précédentes.
- Les Léopards CHAN n’ont pas encore commencé leur préparation, alors que la compétition débute dans moins de trois semaines.
En parallèle, des clubs comme TP Mazembe réclament plus de 13 millions de dollars à l’État. D’autres formations, ayant représenté le pays dans des compétitions interclubs les saisons passées, n’ont jamais été remboursées.
Des priorités mal placées
Pour de nombreux observateurs, cette stratégie du ministère est incohérente et mal ciblée. Plutôt que d’envoyer des millions à des clubs européens déjà fortunés, l’État aurait pu financer les clubs congolais, en leur demandant à eux aussi de porter le slogan « RDC, cœur de l’Afrique ». Cela aurait permis de renforcer l’écosystème local tout en assurant la visibilité du pays sur le continent.
Appel à la responsabilité présidentielle
La gestion de Didier Budimbu au ministère des Sports suscite de plus en plus de critiques. Dans un contexte économique et social tendu, ces choix budgétaires jugés extravagants alimentent la colère de la population et de la communauté sportive.
De nombreuses voix réclament aujourd’hui l’intervention du président Félix Tshisekedi, afin de réorienter les priorités, mettre fin aux dépenses controversées, et sauver le sport congolais de l’effondrement.
Jolga Luvundisakio
