10 février 2026

Le président américain Donald Trump a annoncé, mercredi 9 juillet, que le président de la République démocratique du Congo, Félix Tshisekedi, et son homologue rwandais, Paul Kagame, sont attendus dans les prochaines semaines à la Maison Blanche pour signer un accord historique visant à mettre fin à plus de trois décennies de conflit dans l’est de la RDC, où le Rwanda est accusé d’avoir soutenu les rebelles du M23 par le déploiement de ses troupes.

« Ils sont en guerre depuis 30 ans. Sept millions de morts. Et certains estiment que le véritable chiffre est encore bien plus élevé. Ce fut un conflit long et brutal. Nous sommes très heureux d’avoir pu contribuer à une solution. Je pense que dans les prochaines semaines, les dirigeants des deux pays viendront signer l’accord final », a déclaré le président américain Donald Trump.

Pour le président américain, le plus difficile reste la mise en œuvre de cet accord de paix. Il compte sur la volonté politique et la bonne foi des parties prenantes pour y parvenir.
« Comme vous le savez, nous avions reçu les ministres des Affaires étrangères la semaine dernière. Mais nous allons signer la fin de cette horrible guerre de 30 ans. Elle a duré très longtemps. J’en ai lu, j’en ai entendu parler, et c’était une guerre brutale, terrible. Je veux remercier notre excellent conseiller principal pour l’Afrique, qui s’est fortement impliqué dans ce processus. Beaucoup pensaient que c’était impossible. Mais il reste encore beaucoup à faire », a-t-il ajouté.

Cette annonce intervient dans la foulée de la signature, le 27 juin dernier à Washington, d’un accord de paix entre les ministres des Affaires étrangères de la RDC et du Rwanda, sous l’égide des États-Unis et du Qatar. Ce texte, qui marque une étape majeure dans les efforts de résolution du conflit, prévoit notamment le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais dans un délai de 90 jours, ainsi que la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) par les FARDC.

Une paix encore fragile

Cependant, malgré cette avancée diplomatique, les tensions persistent. Le mouvement rebelle du M23, soutenu par le Rwanda et acteur central du conflit, n’a pas été inclus dans les négociations de Washington. Il poursuit actuellement des pourparlers séparés avec le gouvernement congolais à Doha au Qatar qui n’ont jusque-là pas abouti à la signature d’un accord.

Par ailleurs, des divergences d’interprétation entre Kinshasa et Kigali freinent également la mise en œuvre de l’accord de paix. Kigali insiste sur la neutralisation prioritaire des FDLR, tandis que Kinshasa exige la levée immédiate des mesures militaires rwandaises sur le sol congolais.

Sur le terrain, la situation reste préoccupante. Les violences se sont intensifiées depuis la prise, par le M23 et les troupes rwandaises, de la ville de Goma dans le Nord-Kivu et celle voisine de Bukavu dans le Sud-Kivu.

La rencontre de Washington, attendue probablement fin juillet, sera suivie de près. Entre percées diplomatiques et réalités sur terrain, la paix tant espérée dans l’Est de la RDC est encore loin d’être acquise. Elle dépendra d’une volonté politique forte, et d’un suivi rigoureux de l’accord.

Nervy Kadiebue