16 février 2026

Une page se tourne dans l’histoire du système pénitentiaire de la République Démocratique du Congo. Vendredi 04 avril, le ministre d’État en charge de la Justice, Constant Mutamba, a posé la première pierre d’une initiative historique : la construction de quatre maisons d’arrêt à Kinshasa, une première dans le pays. Ce projet ambitieux s’inscrit dans une volonté claire du gouvernement de décongestionner les prisons, en particulier la tristement célèbre prison centrale de Makala, dont le taux de surpopulation atteint un chiffre alarmant de plus de 1000%.

Ces nouvelles infrastructures pénitentiaires seront spécifiquement dédiées aux personnes en détention provisoire prévenus et accusés en attente de jugement. Une innovation majeure dans un système où, selon les chiffres révélés par le ministre, près de 80% des détenus sont incarcérés sans avoir encore été jugés. Les maisons d’arrêt pourront également, en cas de besoin, accueillir des condamnés à de courtes peines, apportant ainsi une flexibilité nouvelle et nécessaire à la gestion carcérale.

En avançant la livraison de ces infrastructures à six mois, soit deux fois plus rapidement que prévu initialement, Mutamba envoie un signal fort : celui d’un exécutif déterminé à agir avec efficacité et célérité. « Cette initiative traduit la vision du Président de la République pour un système judiciaire humain, équitable et conforme aux normes internationales », a déclaré le garde des Sceaux.

Mais au-delà des murs et des cellules, cette réforme est porteuse d’un changement de paradigme. En effet, le ministre entend s’attaquer à la racine du problème : les arrestations arbitraires. Désormais, toute privation de liberté devra être rigoureusement encadrée par la loi, évitant ainsi les abus qui ont contribué à l’engorgement des établissements pénitentiaires.

Cette dynamique de réforme, saluée par les observateurs et les défenseurs des droits humains, ouvre la voie à une refondation en profondeur du système pénal congolais. Elle replace l’humain au cœur du processus judiciaire, tout en renforçant l’État de droit.

Si la justice est le socle d’une société démocratique, alors ce chantier lancé par Constant Mutamba pourrait bien être le fondement d’une justice plus digne, plus humaine, et enfin, plus crédible en RD-Congo.