La sortie médiatique de Joseph Kabila continue de provoquer des remous sur la scène politique congolaise. L’une des réactions les plus percutantes est celle de l’opposant Mike Mukebayi, qui voit dans ce retour médiatique un signal révélateur du malaise profond qui mine la gouvernance actuelle. À travers une analyse, Mukebayi interpelle directement le président Félix Tshisekedi sur les conséquences de sa gestion du pouvoir depuis 2019.
Pour Mike Mukebayi, le premier enseignement à tirer du discours de l’ancien président réside dans la manière dont Félix Tshisekedi a, involontairement, ravivé l’image de son prédécesseur. « C’est lui qui a fait le lit à son prédécesseur à ce point qu’il l’a réhabilité dans l’opinion sans s’en rendre compte », affirme-t-il. Il accuse le régime actuel d’avoir dilapidé l’héritage démocratique issu de l’opposition d’antan, ouvrant ainsi la voie à une forme de réhabilitation nostalgique de Kabila.
La critique est acerbe. Mukebayi dresse un portrait sévère du régime Tshisekedi : « Banalisation du fait corruption, pouvoir ancré dans les bas instincts, négation des acquis démocratiques… » Il évoque également avec inquiétude « la tentation exprimée, en public, d’un pouvoir à vie via un changement de la Constitution », qu’il considère comme une trahison de l’esprit de l’opposition historique congolaise.
À ses yeux, la montée en puissance de la figure de Kabila dans le débat public est moins un regain d’adhésion populaire qu’une réaction désabusée d’une population en quête de repères. « Quand un peuple n’a plus d’horizon pour son avenir, il n’y a pas plus tentant pour lui que de s’en remettre à la nostalgie du passé », déclare-t-il, soulignant ainsi la responsabilité du pouvoir actuel dans cette dynamique.
Tout en reconnaissant le droit de l’ancien président à s’exprimer, Mukebayi lui adresse un avertissement clair : ne pas semer le doute quant à son engagement pour la paix. Il l’appelle à faire preuve de cohérence avec son statut de sénateur à vie, en évitant toute allusion à son passé militaire, qui pourrait être interprétée comme une menace ou une posture ambivalente.
La réaction de l’ancien député de Kinshasa, fait écho à l’actualité diplomatique du moment. Alors que Kinshasa a accepté de dialoguer avec l’AFC-M23 à Doha et qu’un projet d’accord de paix avec le Rwanda est en discussion à Washington, Mukebayi rappelle que « libre à Kabila de se rendre à Goma », mais non sans risque d’interprétation politique.
En filigrane de cette réaction, Mike Mukebayi dresse le constat d’un pouvoir qui, en perdant le lien avec ses engagements d’hier, ouvre la voie à un retour du passé. Son message, au-delà de la critique, est un appel à la responsabilité, à la cohérence et à la lucidité politique. Dans une RDC toujours en quête de stabilité et d’un avenir démocratique solide, ces mots résonnent comme un avertissement.
La rédaction
