18 janvier 2026

Dans son discours sur l’état de la Nation, ce lundi 8 décembre, le président Félix Tshisekedi a condamné avec force la reprise des attaques attribuées aux Forces de défense du Rwanda (RDF), survenues à peine quelques jours après la signature des Accords de Washington. « Le Rwanda viole déjà ses engagements », a-t-il lancé, affirmant que des tirs d’artillerie partis de Bugarama ont causé « d’importants dégâts humains et matériels » dans les localités de Kaziba, Katogota et Lubarika, au Sud-Kivu.

Le chef de l’État a insisté sur la nature du conflit qui ravage l’Est du pays : « Nous ne sommes ni face à un simple conflit interne, ni à une rébellion de plus. Il s’agit d’une guerre d’agression par procuration visant à contester notre souveraineté sur un espace hautement stratégique. » Il a réaffirmé que la priorité du gouvernement reste le retrait total et vérifiable de toutes les forces étrangères, ainsi que l’assèchement des « circuits financiers et logistiques de la violence » alimentés par l’exploitation illicite de l’or, du coltan et du cobalt.

Évoquant les Accords de Washington, Tshisekedi a insisté sur la préservation de l’intérêt national : « Ces accords ne sont pas la mise sous tutelle de nos ressources, ni une amnistie déguisée des crimes commis contre notre peuple. » Rappelant que « la justice suivra son cours », il a assuré qu’il ne renoncerait jamais à la souveraineté du pays : « Tant qu’un seul village ou une seule colline restera sous la menace des armes illégales, je considérerai que notre tâche n’est pas achevée. »

Sur le plan économique, le président a mis en avant les performances du pays malgré la crise sécuritaire. « Notre économie n’a pas cédé, elle a progressé », a-t-il affirmé, soulignant l’appréciation de « près de 29 % du franc congolais par rapport au dollar », une stabilité monétaire « que notre peuple n’a pas connue depuis de longues années ». Il s’est également félicité de la baisse du prix des carburants, preuve que « notre combat pour le pouvoir d’achat n’est pas théorique ».

Abordant les défis quotidiens dans la capitale, Tshisekedi a reconnu l’ampleur des problèmes urbains. Les embouteillages constituent, selon lui, « l’une des épreuves les plus visibles du quotidien », car ils « épuisent les familles, freinent la productivité et renchérissent le coût de la vie ». Il a dénoncé le manque de gouvernance urbaine, fustigeant « l’insalubrité, l’obstruction des caniveaux et la mauvaise gestion des déchets », qui exposent les Kinois à des risques environnementaux « inacceptables ».

Enfin, le chef de l’État a présenté les avancées majeures du secteur éducatif, affirmant que la RDC est « l’un des premiers pays d’Afrique à lancer la correction des examens d’État grâce à l’intelligence artificielle ». Il a également salué l’introduction du e-diplôme, destiné à sécuriser les documents scolaires et lutter contre la fraude, soulignant que ces innovations marquent une étape déterminante dans la modernisation du système éducatif congolais.

La Rédaction