15 juillet 2026

Le sénateur Salomon Kalonda Idi Della a lancé un appel solennel au président de la République, Félix Tshisekedi, ainsi qu’au Sénat, pour qu’ils mettent un terme à l’initiative visant à organiser un référendum constitutionnel en République démocratique du Congo.

Dans une lettre ouverte rendue publique ce lundi, le conseiller spécial de l’opposant Moïse Katumbi qualifie cette démarche de « faute historique » susceptible de fragiliser davantage le pays, déjà confronté à une grave crise sécuritaire et humanitaire.

Selon le sénateur, la Constitution du 18 février 2006, issue du dialogue intercongolais de Sun City, constitue un acquis majeur de la démocratie congolaise. Il rappelle que ce texte fondamental a été conçu pour prévenir le retour de la dictature, garantir l’alternance démocratique et préserver l’équilibre institutionnel du pays.

« Vouloir démanteler aujourd’hui cette Constitution, c’est rompre le pacte républicain qui maintient l’unité de notre Nation », écrit-il dans sa correspondance adressée au chef de l’État.

Une mise en garde contre une crise politique majeure

Salomon Kalonda estime que l’organisation d’un référendum dans le contexte actuel représente un risque considérable pour la stabilité nationale. Il souligne notamment que l’Est du pays demeure en proie à un conflit armé persistant et que l’État congolais ne contrôle pas pleinement certaines portions du territoire.

Pour l’élu d’Ensemble pour la République, engager un processus de révision constitutionnelle dans ces conditions pourrait accentuer les divisions internes et ouvrir la voie à une crise institutionnelle aux conséquences imprévisibles.

Il évoque également les tensions politiques observées ces dernières semaines, notamment la journée « ville-morte » du 3 juin et les manifestations du 12 juin, qui auraient fait plusieurs victimes parmi les civils.

« On ne bâtit pas une nouvelle République sur les corps de ses propres enfants », dénonce-t-il.

L’héritage démocratique au cœur du débat

Dans sa lettre, le sénateur fait référence à l’héritage politique d’Étienne Tshisekedi wa Mulumba, figure historique de l’opposition congolaise et père du président de la République. Il estime qu’une modification de la Constitution dans le but de renforcer ou prolonger le pouvoir exécutif serait contraire aux idéaux défendus par les pionniers de la démocratie congolaise.

« Comment peut-on prétendre honorer cet héritage tout en réinstallant les mécanismes mêmes que ces pères de notre démocratie ont combattus ? », s’interroge-t-il.

Salomon Kalonda affirme par ailleurs que la finalité réelle de cette initiative serait d’ouvrir la voie à un éventuel troisième mandat présidentiel, une perspective qu’il juge incompatible avec les principes démocratiques consacrés par la Constitution actuelle.

Un appel au Sénat et au chef de l’État

Alors que la proposition de loi référendaire, déjà adoptée par l’Assemblée nationale, est actuellement examinée par le Sénat, le parlementaire appelle la chambre haute à exercer pleinement son rôle de gardienne de l’équilibre institutionnel.

« Le Sénat n’a pas encore dit son dernier mot. Il a le devoir de mettre un terme à cette aventure », soutient-il.

S’adressant directement au président Félix Tshisekedi, Salomon Kalonda l’invite à retirer le texte afin d’éviter une crise constitutionnelle.

« Il est encore temps de retirer cette proposition et d’épargner à notre pays une nouvelle épreuve », conclut-il, avant d’ajouter : « L’histoire vous regarde. »

Cette prise de position intervient dans un climat de vifs débats autour de l’éventualité d’une révision constitutionnelle, une question qui continue de diviser profondément la classe politique et l’opinion publique en République démocratique du Congo.

Assiyah Tshamunyongue