Un vent de controverse souffle sur la scène politique congolaise depuis l’apparition, sur les réseaux sociaux, d’une proposition de loi attribuée aux députés Peter Kazadi et Jean-Claude Tshilumbayi. Le texte, non authentifié mais largement relayé, propose une suspension du mandat présidentiel en cas de guerre, avec la mise en place d’une transition post-conflit de 36 mois dirigée par le président en exercice, en l’occurrence Félix Tshisekedi.
Cette hypothèse a immédiatement enflammé les débats. Pour l’opposition, menée notamment par Moïse Katumbi, il s’agirait ni plus ni moins d’une tentative de « coup d’État constitutionnel » visant à prolonger indûment le pouvoir de Tshisekedi. Olivier Kamitatu, proche de Katumbi, dénonce une violation manifeste de la Constitution, en particulier de son article 220, qui interdit toute révision touchant à la limitation du nombre de mandats présidentiels.
Face à la montée des critiques, Peter Kazadi a vigoureusement rejeté toute implication, dénonçant une « fabrication mensongère » et une opération de manipulation orchestrée, selon lui, par le Rwanda. Il désigne également le journaliste Steve Wembi comme l’un des relais principaux de cette « intox », évoquant une tentative de déstabilisation du régime dans un contexte sécuritaire déjà explosif.
Mais malgré ces démentis, le document continue de circuler, alimentant les soupçons et les spéculations. Pour certains observateurs, il pourrait s’agir d’un ballon d’essai lâché par une frange du pouvoir pour tester la réaction de l’opinion publique. Pour d’autres, la manœuvre relèverait d’une guerre de l’ombre, entre désinformation stratégique et instrumentalisation politique.
Dans un pays en proie à une guerre persistante dans sa partie orientale, où l’instabilité sert souvent de levier politique, cette affaire révèle les tensions profondes autour de la gouvernance, de la légitimité du pouvoir et des enjeux électoraux à venir.
