Le procès de Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice, dont le verdict est attendu ce mercredi 27 août 2025, attire toutes les attentions. Accusé d’avoir détourné 19 millions de dollars destinés à la construction d’une prison à Kisangani, il rejette en bloc les accusations et dénonce un complot politique.
Depuis le début des audiences, un phénomène inattendu prend forme : Mutamba ne se retrouve pas isolé. Bien au contraire. Chaque jour, depuis une semaine, des jeunes organisent des veillées devant sa résidence, affirmant qu’il paie le prix de son intégrité et de son refus de se compromettre dans les réseaux obscurs qui gangrènent le système.
Une affaire aux allures de campagne politique

Le dossier dépasse désormais le cadre strictement judiciaire. Il prend la tournure d’un affrontement générationnel. Aux yeux d’une partie de la jeunesse, Mutamba apparaît comme un “héros moderne”, un homme qui a osé dire non aux pratiques mafieuses et proposer des réformes dans une justice que le chef de l’État lui-même qualifiait de malade.
Les slogans, les rassemblements et le soutien visible rappellent davantage une campagne électorale qu’un procès ordinaire.
Un tremplin vers 2028 ?
Cette dynamique soulève une question : et si ce procès, loin de briser Mutamba, était en train de le propulser comme figure centrale de l’opposition en vue de la présidentielle de 2028 ? Certains observateurs estiment que la jeunesse, en quête de nouveaux visages, pourrait se rallier à lui.
Pour ses partisans, ce dossier est éminemment politique : une tentative d’écarter un homme qui incarne le changement. Pour ses détracteurs, il s’agit au contraire de faire respecter la loi face à un responsable soupçonné de mauvaise gestion.
Une vérité à double face
Entre accusation de détournement et dénonciation de “complot politique”, la vérité reste difficile à établir. Mais une chose est claire : ce procès est devenu une scène où se jouent déjà les prémices de la présidentielle de 2028.
Mutamba, qu’on le veuille ou non, est en train de transformer sa défense en véritable tribune politique.
Aaron Kanku
