8 mars 2026

La République d’Angola a officiellement reçu mandat d’engager des consultations avec les différentes parties congolaises en vue de préparer un dialogue intercongolais. La décision a été prise à l’issue de la rencontre de haut niveau tenue à Luanda, en présence du président angolais João Lourenço également président en exercice de l’Union africaine de son homologue congolais Félix Tshisekedi, du président togolais Faure Essozimna Gnassingbé, médiateur de l’UA dans la crise congolaise, ainsi que d’Olusegun Obasanjo, représentant les cinq anciens chefs d’État désignés comme facilitateurs du processus de paix en RDC.

Dans une communication rendue publique ce mercredi 11 février 2026, la Présidence angolaise a indiqué qu’elle annoncera « en temps voulu » le lancement de la phase préparatoire du dialogue appelé à se tenir à Luanda. « Concernant le début de la phase préparatoire du dialogue intercongolais qui se déroule à Luanda, nous l’annoncerons en temps voulu », précise la Présidence angolaise. Ce dialogue est présenté comme un mécanisme destiné à appuyer les processus diplomatiques déjà engagés à Washington et à Doha.

Cependant, sur la scène politique congolaise, les divergences demeurent profondes. Le pouvoir défend l’idée d’un dialogue encadré par les institutions de la République, excluant toute remise en cause de l’ordre constitutionnel et toute forme d’impunité. À l’inverse, le parti Ensemble pour la République de Moïse Katumbi rejette un processus conduit par le pouvoir et estime qu’un dialogue crédible ne peut être mené que sous l’égide de la CENCO et de l’ECC, à l’origine d’une feuille de route commune pour un dialogue national. Cette formation qualifie le schéma proposé par la présidence de « simulacre de dialogue ». Martin Fayulu partage cette position et insiste également sur le rôle central des confessions religieuses.

De leur côté, la CENCO et l’ECC plaident pour un dialogue inclusif, tout en affirmant que l’inclusivité ne saurait signifier impunité. Elles évoquent la possibilité de mécanismes de justice transitionnelle et appellent à une tenue rapide des discussions afin d’éviter l’enracinement durable des groupes armés dans les zones occupées. Plusieurs acteurs de la société civile abondent dans le même sens, rappelant que le dialogue « n’est pas une blanchisserie », tout en reconnaissant la nécessité d’un cadre structuré pour sortir de l’impasse politique et sécuritaire.

À ce stade, aucun calendrier officiel n’a encore été communiqué pour la convocation du dialogue national. Si les initiatives diplomatiques parallèles progressent sur le plan politique, leurs effets restent limités sur le terrain, où la situation sécuritaire demeure préoccupante dans les provinces du Nord-Kivu et du Sud-Kivu. Le mandat confié à l’Angola apparaît ainsi comme la principale dynamique en cours, dans un contexte marqué par une méfiance persistante et des divergences profondes entre les acteurs congolais.