10 février 2026

C’est un tournant majeur dans la vie politique congolaise. À peine 48 heures après l’autorisation de poursuites à son encontre par l’Assemblée nationale, Constant Mutamba, ministre de la Justice, a annoncé sa décision de démissionner. Il a informé le président de la République, Félix Tshisekedi, lors d’un entretien tenu ce mardi 17 juin soir à la Cité de l’Union africaine.

Durant plus d’une heure d’échanges, le chef de l’État a pris acte de cette décision, conforme aux exigences de la Constitution. En effet, l’article 166, alinéas 2 et 3, de la loi fondamentale stipule que tout membre du gouvernement mis en accusation par l’Assemblée nationale doit présenter sa démission. Une disposition que le garde des Sceaux a choisi de respecter.

Cette annonce intervient après le vote majoritaire des députés, le dimanche 16 juin, en faveur de l’autorisation de poursuites demandée par le procureur général près la Cour de cassation, Firmin Mvonde. Le ministre est accusé de détournement de fonds publics, à hauteur de 19 millions de dollars, alloués à la construction d’un centre pénitentiaire à Kisangani.

Selon le procureur, les fonds auraient été versés à une entreprise jugée sans crédibilité, en violation des règles relatives à la passation des marchés publics. L’absence de garanties de sérieux dans ce contrat et l’opacité autour de son attribution ont renforcé les soupçons de malversation.

En démissionnant, Constant Mutamba se conforme aux règles constitutionnelles et ouvre ainsi la voie à son audition par la justice, désormais sans l’immunité que lui conférait son poste ministériel. Ce geste marque un précédent dans un pays souvent accusé d’impunité des élites et pourrait être interprété comme un signe de maturité institutionnelle.

La suite de cette affaire sera très suivie, tant pour ses répercussions judiciaires que pour ses implications politiques. En attendant, le ministère de la Justice devrait être confié à un intérimaire, en attendant la nomination d’un successeur.

Cumulard.cd