14 mars 2026

L’opposant politique Jean-Marc Kabund a fermement rejeté le cadre du « dialogue inclusif » proposé par le président Félix Tshisekedi, estimant qu’une telle initiative ne peut être définie unilatéralement par le pouvoir en place. Il s’est exprimé samedi 08 février 2026 à l’occasion de l’échange de vœux avec les cadres et militants de son parti, Alliance pour le changement (ACh).

D’entrée de jeu, l’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale a dénoncé ce qu’il qualifie de « dialogue défini unilatéralement, selon des critères arrêtés par le pouvoir seul ». « La paix ne se convoque pas comme un meeting. Elle se construit dans l’équilibre, l’inclusivité et la légitimité », a-t-il déclaré, appelant à une véritable neutralité tant dans les règles que dans la conduite du processus.

Poursuivant son propos, Jean-Marc Kabund a fustigé la pratique qui consiste, selon lui, pour « un pouvoir contesté à se choisir ses interlocuteurs, fixer les règles du jeu et tracer des lignes rouges de manière unilatérale ». « Cela n’est pas un dialogue, mais un monologue », a-t-il martelé, mettant en cause la crédibilité et l’efficacité du processus proposé.

Pour l’opposant, la participation de l’Alliance pour le changement n’est envisageable que dans le cadre d’un dialogue politique véritablement inclusif, conduit par une facilitation neutre et indépendante. À ce sujet, il a fixé trois « lignes rouges non négociables » : le respect de la Constitution, la préservation de la souveraineté nationale et la sauvegarde de l’intégrité territoriale de la RDC.

Jean-Marc Kabund a également posé plusieurs préalables qu’il juge indispensables avant toute concertation nationale, notamment la libération de tous les prisonniers politiques et d’opinion, l’arrêt immédiat des enlèvements et arrestations arbitraires visant les opposants, ainsi que la garantie de la liberté de circulation pour les acteurs politiques, à l’intérieur comme à l’extérieur du pays.

Parmi ses autres exigences figurent la cessation des actes d’intimidation et d’humiliation des opposants à l’aéroport international de N’Djili, le retour des exilés politiques et la libération de l’espace public. Autant de mesures qui, selon lui, permettraient de rétablir un climat de confiance et de sécurité politique.

S’écartant des polémiques, le chef de file de la Coalition de la gauche congolaise a plaidé pour un dialogue national inclusif, qu’il considère comme une solution intermédiaire capable de favoriser la désescalade, notamment dans l’est de la République démocratique du Congo. Il estime que, sans cohésion nationale, le pays resterait vulnérable à la menace de balkanisation.

Enfin, Jean-Marc Kabund n’a pas épargné le président Tshisekedi, critiquant sévèrement la gestion du pays par le régime actuel. Il s’est insurgé contre ce qu’il perçoit comme une gouvernance tournée davantage vers l’extérieur que vers les préoccupations internes. « Gouverner n’est pas seulement assurer l’extérieur, mais répondre d’abord aux besoins de son peuple », a-t-il rappelé.

La rédaction