La Coalition Article 64 (C64) a exprimé, ce lundi, de vives réserves à l’égard du rapport publié par la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH-RDC) sur les violences survenues le 12 juin dernier à Kinshasa, lors d’un sit-in organisé devant le Palais du Peuple. Tout en saluant certaines avancées, la plateforme politique appelle à l’ouverture d’une enquête internationale indépendante.
Dans un communiqué officiel, la C64 reconnaît comme « une étape importante » le fait que la CNDH ait admis l’existence d’arrestations arbitraires, de traitements inhumains et d’actes d’extorsion perpétrés lors de ces événements. Ces exactions auraient été commises par des éléments de la Police nationale congolaise, ainsi que par des individus identifiés comme appartenant à la « Force du Progrès ».
Malgré cette reconnaissance, la coalition estime que le rapport de la CNDH ne répond pas pleinement aux exigences de vérité et de justice. Elle dénonce plusieurs insuffisances majeures susceptibles, selon elle, d’entacher la crédibilité de l’enquête.
La C64 critique notamment le manque de précision concernant le rôle exact joué par la « Force du Progrès », ainsi que l’absence de clarifications sur les cas de décès et de disparitions signalés. À ce jour, deux personnes enlevées devant le siège du parti ECiDé restent introuvables.
La coalition se montre particulièrement sévère envers la direction de la CNDH. Elle accuse son président, Paul Nsapu, d’avoir minimisé la gravité des faits et mis en doute les témoignages des victimes à travers certaines déclarations publiques.
Pour la C64, ces prises de position sont contraires aux principes d’indépendance et d’impartialité qui doivent guider toute institution nationale de défense des droits humains.
Face à ces manquements jugés graves, les avocats des victimes ont saisi l’Auditorat général près la Haute Cour militaire. Une plainte a été déposée afin d’identifier les auteurs, coauteurs et complices des violations commises, et d’obtenir réparation pour les préjudices subis.
Parallèlement, la coalition appelle à la mise en place d’une enquête internationale indépendante, impartiale et crédible. Celle-ci devrait notamment permettre d’établir les responsabilités, de retrouver les personnes disparues, de poursuivre les auteurs des violences, d’assurer une réparation intégrale aux victimes et de garantir la non-répétition de tels actes.
La Coalition Article 64 affirme qu’elle restera mobilisée aux côtés des victimes jusqu’à l’établissement complet de la vérité. Parmi les signataires du communiqué figurent plusieurs figures politiques majeures, dont Martin Fayulu, Jean-Marc Kabund, Moïse Katumbi, Augustin Matata Ponyo et Delly Sesanga.
Pour la coalition, seule une réponse judiciaire crédible et transparente permettra de renforcer durablement l’État de droit et de restaurer la confiance des citoyens envers les institutions publiques en République démocratique du Congo.
Assiyah Tshamunyongue
