L’ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale et figure de l’opposition congolaise, Jean-Marc Kabund, a dénoncé ce qu’il qualifie de « carnage » survenu à la prison centrale de Makala dans la nuit du 1ᵉʳ au 2 septembre dernier. Dans une interview accordée à la Radio France nternationale (RFI), il affirme que près de 2.000 détenus auraient péri et 400 femmes auraient été victimes de violences sexuelles.
Alors que les autorités congolaises annoncent un bilan officiel de 129 morts, Kabund évoque un chiffre bien plus élevé en se référant à un rapport interne de l’administration pénitentiaire, qui aurait été transmis aux autorités et qui ferait état d’au moins 1. 500 morts**.
Cette déclaration pourrait mettre en lumière des zones d’ombre sur la gestion de cet événement tragique, alors que Kinshasa ne s’est pas encore pleinement exprimée sur les circonstances de ces violences.
Par ailleurs, Jean-Marc Kabund a profité de son intervention pour dresser un tableau sombre de la gouvernance du président Félix-Antoine Tshisekedi. Selon le chef de l’État contrôle près de 90 % du Parlement**, mais malgré cette majorité confortable, il serait en difficulté.
« Si aujourd’hui il estime qu’il doit recourir à l’opposition, cela veut dire que l’actuel président est confronté à une crise de gouvernance. Il y a une crise totale de gouvernance », a-t-il affirmé sur la radio émettant sur la 105 FM à Kinshasa.
À l’approche de la présidentielle de 2028, Kabund estime que le régime Tshisekedi est en fin de cycle et que l’opposition devra se préparer avec un programme solide.
« Le régime Tshisekedi, qui est finissant, doit laisser la place à l’opposition dès 2028, et cette fois-ci, l’opposition ne commettra pas la même erreur d’y aller sans programme ni vision », a-t-il prévenu.
Une remise en cause des engagements de Fatshi
Kabund, ancien proche de Tshisekedi avant de basculer dans l’opposition, a également mis en doute la fiabilité du chef de l’État dans ses engagements politiques.
« Tshisekedi n’est pas un homme de parole, il ne respecte pas ses engagements vis-à-vis des autres », a-t-il déclaré à RFI.
Ces critiques interviennent alors que le climat politique en RDC reste marqué par des tensions entre le pouvoir et l’opposition, sur fond de controverses autour des prochaines échéances électorales.
Pour l’instant, le Gouvernement congolais n’a pas encore réagi officiellement aux accusations de Jean-Marc Kabund, notamment sur le bilan humain de la tragédie de Makala. Toutefois, ces déclarations risquent d’alimenter davantage les débats sur la gestion sécuritaire et politique du pays.
Rédaction
