15 avril 2026

À Kinshasa, le chef de l’État Félix Tshisekedi a donné, mercredi, le coup d’envoi de la première Conférence nationale consacrée aux infrastructures et aux travaux publics. Devant un large parterre d’acteurs publics et privés, il a appelé à un changement profond dans la manière de penser et de gérer les projets, avec pour ambition de transformer durablement la République démocratique du Congo.

Au cœur de son message, la nécessité de rompre avec une gestion dominée par l’urgence et les solutions ponctuelles. Le président congolais plaide désormais pour une approche globale, intégrant toutes les étapes de vie des infrastructures, de la conception à la maintenance, en passant par le suivi et l’évaluation. L’objectif est clair : doter le pays d’ouvrages fiables, durables et capables de soutenir le développement économique tout en facilitant les échanges entre les différentes provinces. À l’horizon 2034, la RDC ambitionne ainsi de devenir un pays moderne, mieux connecté et compétitif.

Dans cette nouvelle vision, la question climatique occupe une place centrale. Les autorités entendent désormais concevoir des infrastructures capables de résister aux effets du changement climatique, notamment aux phénomènes météorologiques extrêmes et aux contraintes environnementales croissantes. À ce titre, l’appui de la Banque mondiale est sollicité pour accompagner la mise en place de solutions adaptées et de programmes d’investissements ciblés.

Parallèlement, le gouvernement souhaite moderniser le secteur en misant sur l’innovation et le savoir-faire local. La valorisation des matériaux disponibles sur le territoire, le soutien à la recherche ainsi que l’intégration des outils numériques dans la gestion des projets figurent parmi les priorités. Le renforcement des normes de construction est également envisagé afin de garantir des ouvrages plus solides et mieux adaptés aux réalités du pays.

Pour concrétiser ces ambitions, Félix Tshisekedi a lancé un appel appuyé au secteur privé, national comme international. Il encourage la mise en place de partenariats public-privé transparents et équilibrés, capables de mobiliser les financements nécessaires à la réalisation et à l’entretien des infrastructures stratégiques.

Organisée sous l’impulsion du ministre des Infrastructures, John Banza Lunda, cette rencontre réunit près de 500 participants. Les échanges devront permettre de définir des priorités concrètes, d’établir un calendrier réaliste et de mettre en place des mécanismes de suivi efficaces afin d’éviter que cette vision ne reste théorique.

À travers cette initiative, la RDC entend franchir un cap décisif en matière de développement. L’enjeu est non seulement de moderniser les infrastructures, mais aussi de faire de leur déploiement un levier d’intégration régionale et de croissance, capable de transformer les atouts géographiques du pays en véritables opportunités économiques.

Jolga Luvundisakio