Kinshasa, dans un contexte marqué par le chômage et la précarité, de nombreux jeunes Congolais se tournent vers un métier en pleine expansion : celui de Maître de cérémonie. Animations de fêtes, conférences, mariages ou encore deuils cette fonction, longtemps informelle, devient aujourd’hui une véritable alternative économique.
Partout dans la capitale, les affiches fleurissent. Elles annoncent des formations en prise de parole, en gestion d’événements ou encore en techniques d’animation. « C’est un métier qui nous permet non seulement de vivre, mais aussi de nous exprimer », confie un jeune speaker rencontré dans la commune de la Gombe.
Le phénomène prend une telle ampleur que le ministère de la Culture et des Arts commence à s’y intéresser. Selon certaines sources, des discussions seraient en cours pour envisager une reconnaissance officielle de cette profession.
Mais tout n’est pas rose. L’ absence de cadre légal pose problème, notamment sur le plan tarifaire. Aucune grille de prix n’existe, et les prestations se négocient souvent à la tête du client. « Le manque de régulation favorise parfois des abus », regrette un autre Maître de cérémonie.
Pour plusieurs observateurs, l’État doit jouer son rôle de régulateur afin de structurer ce nouveau secteur et garantir un équilibre entre l’offre et la demande. En attendant, de plus en plus de jeunes voient dans le micro non pas un simple accessoire, mais un véritable outil d’émancipation économique et sociale. ” Ne dit-on pas que l’argent n’a pas d’odeur”, ce proverbe n’a pas perdu sa moindre ride, à fortiori dans le contexte socio-économique actuel au Congo.
Dan Bonganga
